Par La Rando

Le Président français au Qatar

france-qatarFrançois Hollande effectue un voyage express au Qatar ce week-end, avant de faire un stop en Jordanie. Le volet économique occupera le gros du voyage, même si le dossier syrien est également au menu. “La méthode du président n’est pas celle d’un VRP”, a tenu à faire savoir l’Elysée avant le départ de François Hollande pour le Qatar ce week-end. Le chef de l’Etat ne se rend toutefois pas dans le pays le plus riche du monde sans quelques arrières-pensées commerciales. Projet de métro à Doha pour lequel Vinci est sur les rangs, celui de tramway de la nouvelle ville de Lusai sur lequel lorgne Alstom… Et surtout négociations sur le Rafale de Dassault, l’émirat voulant renouveler sa flotte d’avions de chasse. L’escapade qatarienne de François Hollande, qui emmène une grosse délégation de grands patrons dans ses bagages, aura une forte tonalité économique. Dimanche, il doit d’ailleurs participer à un forum économique à Doha.

Convergences de vue

S’il n’entretient pas la même proximité que son prédécesseur avec le pays (Nicolas Sarkozy s’y est encore rendu il y a deux semaines pour une visite privée), et même s’il a donné la primeur de ses visites dans le Golfe à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis, François Hollande inscrit tout de même sa diplomatie dans une forme de continuité. Il s’agit de consolider une relation qualifiée d'”ancienne et forte” entre Paris et le richissime émirat, qui a multiplié ces dernières années les investissements en France, des grands hôtels au PSG. Le président français va ainsi s’employer à “apaiser” les crispations sur cet appétit qatarien pour l’Hexagone (il attirerait 10% des investissements qatariens à l’étranger). Lors de sa visite devrait en effet être finalisé un fonds commun franco-qatari destiné à financer des PME, en lieu et place du projet initial polémique du Qatar, qui en 2011 prévoyait d’investir 50 millions d’euros dans les banlieues françaises. Lire la suite sur Metronews.fr

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Le livre « Vilain petit Qatar » et ses mensonges

qatar-livreCes dernières semaines, les essais sur le Qatar se sont multipliés. Certains relèvent d’études argumentées. D’autres ne dépassent pas le registre des anecdotes croustillantes tissées de révélations tonitruantes. D’autres enfin, mélangeant fantasmes, erreurs et approximations, relèvent des plus simplistes théories du complot.

Le dernier en date est signé par Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget. Son titre, Le vilain petit Qatar, permet de comprendre que les nuances ne seront pas de la partie. Le sous-titre « Cet ami qui nous veut du mal » lève les derniers doutes. La couverture (la tour Eiffel coiffée du drapeau mauve et blanc de l’émirat gazier) donne la tonalité : nous sommes menacés par un Etat conquérant bien déterminé à envahir la France. Le Qatar se donne en effet  « l’ambition d’acheter l’univers ». Il  tente de « s’imposer comme la nouvelle Athènes » et grâce à « l’instrument de conquête » que constitue sa richesse financière, le voilà en mesure de faire « trembler » la France. Rien que ça.

L’un des chapitres qui a plus particulièrement retenu notre attention, tant les accusations nous concernant sont fragiles, est le chapitre 10, intitulé « OPA sur l’islam de France ». Parlant de mon compte Twitter, les auteurs croient pouvoir écrire à la page 206 que « notre propagandiste n’hésite pas à mouiller le maillot pour dénoncer “ les franchouillards ” qui montrent une certaine tiédeur face au Qatar ». Je suis présenté comme un « propagandiste » du Qatar et naturellement rien ne vient étoffer cette accusation gratuite. Mieux, l’un des auteurs du pamphlet, Nicolas Beau, avec lequel j’ai récemment débattu sur le plateau de l’émission Arrêt sur images, n’a pas peur de la contradiction. En effet, lors de ce débat, il a trouvé pertinent de puiser abondamment dans les nombreux griefs (condition des ouvriers lamentable, libertés bafouées, etc.) que j’ai relevés dans mon essai pour étayer son argumentation… Lire la suite sur mon Blog Le Monde

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Relations entre la France et l'Arabie Saoudite

peine mort arabie saouditeLes ambitions de nos gouvernements sont décidément truffées de mystères. La Syrie de M. Bachar Al-Assad est déclarée régime totalitaire alors que M. Hollande n’hésite pas à serrer la main au roi Abdallah d’Arabie Saoudite, cela, au sein même de son somptueux palais de Djeddah. Dans cette pétromonarchie des Mille et une nuits où on tranche encore publiquement les têtes au sabre, la liberté d’expression se résume aux préceptes coraniques et aux exigences de la sunna.

Toute déviation est sévèrement réprimée. Le caractère absolutiste de cette théocratie détermine le conditionnement absolutiste des mœurs. Et pourtant, aux yeux de Messieurs Hollande et Fabius, Abdallah Ier, reprenant l’expression de notre Ministre des Affaires étrangères, mérite bien d’être sur terre. Ce qui ne serait pas le cas de M. Al-Assad que l’on devrait réduire à s’appeler Bachar et envoyer, le plus vite serait le mieux, en enfer … Lire la suite sur french.ruvr.ru

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Qatar, pays Francophone

qatar-francophonePour celles ou ceux qui ne connaissent pas l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), elle a pour mission de donner corps à une solidarité active entre les 77 États et gouvernements qui la composent (57 membres et 20 observateurs). Une communauté de destin consciente des liens et du potentiel qui procèdent du partage d’une langue, le français, et des valeurs universelles. En gros, elle a pour mission de :

  • Promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique
  • Promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme
  • Appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche
  • Développer la coopération au service du développement durable.

Découvrez l’interview de Clément Duhaime, s’expliquant sur l’entrée du Qatar dans l’Organisation internationale de la francophonie dans une interview acordée pour le webmagazine Euractiv.

Certains ont accueilli avec scepticisme l’adhésion récente du Qatar dans le cercle des pays francophones, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). L’administrateur de l’OIF, Clément Duhaime, a toutefois affirmé que l’État du Golf a fait preuve de son engagement envers la langue française.

Clément Duhaime est l’administrateur de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).

Quels ont été les critères déterminants dans la décision d’accueillir le Qatar au sein de l’OIF en tant que membre observateur ?
Permettez-moi de revenir un instant sur la procédure. Tout pays qui souhaite devenir membre de l’OIF est appelé à déposer un dossier circonstancié de candidature. Le Secrétaire général de l’OIF soumet cette demande au Conseil permanent de la Francophonie qui l’examine et formule ensuite une recommandation à la Conférence ministérielle, et dans la foulée, aux chefs d’Etat et de gouvernement. Ce sont donc, en dernier ressort, les chefs d’Etat et de gouvernement qui prennent la décision et le statut à accorder aux pays candidats.
L’adhésion d’un pays repose sur un certain nombre de critères et des engagements précis en faveur de la promotion et la défense de la langue française. Elle suppose également le partage de nos valeurs communes  que sont la paix, la démocratie, le respect des droits de l’homme. La candidature du Qatar a été examinée, tant sur le fond que sur la forme, selon ces principes.
Lire la suite de l’interview…
 

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Reportage: Français au Qatar

Les Français sont de plus en plus nombreux à s’expatrier au Qatar, mais aussi de plus en plus jeunes à boucler leurs valises. Cette dernière décennie, le nombre de Français-es vivant à l’étranger a augmenté de 50%.  Officiellement, 1,6 million de Français résident hors du pays – statistique qu’il faut au moins multiplier par deux si l’on veut aussi prendre en compte les Français non-inscrit sur les registres des consulats. Ce reportage d’Envoyé Spécial nous fait voyager au Qatar. Découvrez le reportage en deux parties ci-dessous.

Français au Qatar (Reportage Envoyé Spécial) (1/2)

 

Français au Qatar (Reportage Envoyé Spécial) (2/2)

 

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Polémique: Les 100 millions du Qatar à la France

qatar-france-argentSuspendu le temps de la campagne électorale, le sujet du fonds qatari pour les banlieues est revenu dans l’actualité suite aux récentes précisions apportées par Arnaud Montebourg.
Désormais réorienté pour venir en aide aux « zones déshéritées », ce projet en dit long autant sur la nature des relations que la France de François Hollande souhaite tisser avec le petit émirat que sur la fracture sociale qui ronge une partie de notre territoire national. Plusieurs enseignements peuvent être tirés de cette affaire.
Le projet qatari a changé de nature et d’orientation. Hier « fonds pour les banlieues », il est désormais qualifié par les pouvoirs publics de « fonds franco-qatari » axé sur l’aide aux PME, aux zones déshéritées voire au redressement productif.
Derrière la valse des mots, l’objectif est de gommer toute visée vers les quartiers populaires. Soucieux de son image, le Qatar veut à tout prix éviter de prêter le flanc aux critiques d’un financement obscur de l’islam français et de ses franges radicales.

C’est Pierre Moscovici qui gère le dossier

Le Qatar a beaucoup d’argent et notre pays fait face à une crise économique sévère. Avec en toile de fond les politiques d’austérité qui sévissent en Europe, voilà posés les termes de l’équation.
Considérant Paris comme un élément-clé de son dispositif diplomatique et désirant renforcer à tout prix la densité d’une relation stratégique avec une puissance militaire de premier plan, le Qatar souhaite donner des gages de bonne volonté à une présidence qui, contrairement à la précédente, ne lui est pas acquise d’avance.
Avec la nouvelle équipe à l’Elysée, on est en effet loin du « Tout-Qatar » qui caractérisait l’époque Sarkozy.
Pour faire bonne figure auprès des nouveaux décideurs français et préserver un axe Paris-Doha aussi solide que possible, les Qataris ont donc décidé de mettre l’argent à disposition du nouveau gouvernement. Signe que le projet est pris au sérieux en haut lieu, c’est désormais Pierre Moscovici qui pilote le dossier.
Bercy a décidé de reprendre la main car l’ordre de grandeur des sommes mises en jeu est proprement alléchant. On ne parle plus de 50 millions d’euros comme au début de l’aventure, mais de 100 millions. Certains parlent même d’un montant d’un milliard d’euros qui serait géré en collaboration avec la Banque publique d’investissement et la Caisse des dépôts.
A titre de comparaison, 50 millions d’euros c’est l’équivalent de 10% des sommes allouées chaque année au ministère de la Ville et cela correspond à ce qu’il manquait il y a quelques semaines au ministère des Sports pour boucler son budget…
Lire la suite sur mon Blog Le Monde …

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Hollande: Quelles relations entre la France et le Qatar ?

qatar-franceLa fin de la présidence Sarkozy va-t-elle sonner la fin des relations très étroites entre le richissime émirat du Qatar et la France ? La rencontre, prévue jeudi 7 juin 2012, entre François Hollande et le premier ministre qatari, le Cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani devrait permettre d’en savoir plus sur l’évolution des relations entre les deux pays.

Les intérêts économiques d’abord

Même si les gouvernements changent, les intérêts demeurent. Sur le plan économique et celui de la coopération militaire, l’Elysée aura tout intérêt à préserver ses parts de marché.
La France continuera à fournir une grande partie de l’équipement militaire de l’armée qatarie et les besoins de développements de l’émirat sont proprement gigantesques. En prévision de l’organisation des grandes compétitions internationales qu’il va accueillir (notamment Mondial de handball en 2015 et surtout la Coupe du monde football en 2022) le Qatar a prévu un plan d’investissement de 140 milliards de dollars. Afin de s’emparer d’une part du gâteau et éviter que ce ne soient les entreprises anglo-saxonnes qui se taillent la part du lion, les entreprises françaises devront donc compter sur un solide axe Paris-Doha.

Les investissements qataris ne devraient pas faiblir

Qu’il s’agisse de l’immobilier, des prises de participation dans les grands groupes industriels ou du sport, le Qatar continuera à faire ses emplettes. Preuve de la persistance de cet engouement, la récente acquisition par le Qatar Investment Authority de l’immeuble Virgin sur les Champs-Elysées pour un montant avoisinant les 500 millions d’euros.
Il y a quelques semaines, l’un des responsables de ce fond souverain (dont le portefeuille d’actifs dépasserait les 100 milliards de dollars) annonçait vouloir investir pour l’année 2012 30 milliards de dollars dans des sociétés étrangères. Classé par le FMI comme pays le plus riche au monde (par habitant) et bénéficiant d’une croissance de près de 20% par an, le Qatar a donc des arguments de poids pour maintenir des relations privilégiées avec la France.
En ces temps de crise où l’argent public se fait rare, on devine facilement que la manne qatarie continuera à être perçue d’un bon œil à Paris.