Déconfinement: reprise de l’escalade

C’est parti !  Les salles d’escalade demeurent fermées jusqu’à nouvel ordre et les clubs sont toujours en sommeil, mais la pratique individuelle est de nouveau autorisée.

Il y avait beaucoup de monde sur les sites d’escalade le week-end dernier, le premier du déconfinement, comme à Pen-Hir, sur la presqu’île de Crozon, dans le Finistère.  Les baudriers, les mousquetons, les cordes, les casques : tout le matériel ressort du sac. “Enfin !”, respire Marie qui entame sa première ascension depuis deux mois. “Ça fait du bien d’avoir une belle vue de là-haut et de profiter du soleil”, explique la jeune femme. Elle est assistée de Paul, un habitué des falaises de grès qui forment la presqu’île de Crozon :  “Il a fait très beau en Bretagne pendant le confinement et on n’avait pas le droit de grimper. Ce week-end, on a donc sauté sur l’occasion !, se réjouit-il. J’imagine que les Marseillais nous envient pas mal de pouvoir grimper alors que les Calanques sont fermées.”

Des retrouvailles émues avec la roche

L’escalade est de nouveau autorisée depuis vendredi dernier, mais en prenant ses précautions. “On reprend sur du très facile, raconte Thomas. C’est histoire de refaire les manipulations, de refaire la routine, pour être sûr de ne pas se blesser. On reprend en progressif.”  Car après deux mois d’inactivité due au confinement, une reprise trop ardue peut peser lourd. “J’ai grimpé samedi et j’ai mal partout, c’est effroyable”, détaille Thierry en déballant son matériel.

La reprise, c’est très dur musculairement et émotionnellement.Thierry, grimpeur.à franceinfo

“Le fait de ne pas avoir grimpé pendant deux mois et de reprendre direct en extérieur, c’est énorme avec la peur. Il y a l’appréhension de se remettre sur le rocher, d’essayer de trouver les prises… Plein de choses qui font qu’émotionnellement, c’est dur”, explique Thierry. 

“Le problème, c’est la salle, il y a du contact”

Alors que des règles sanitaires très strictes encadrent le déconfinement, la pratique de l’escalade peut aussi être impactée, car c’est un sport de groupe. Il faut s’assurer, être à plusieurs pour minimiser les risques, et parfois les grimpeurs se croisent et se frôlent sur les parois. Pour l’instant, c’est gérable, mais Alexandra, venue en famille de Quimper se pose des questions : “Au niveau des manipulations, c’est vrai qu’il y a beaucoup de contacts : les prises qu’on touche, les cordes, les contacts sont permanents. Je ne sais pas trop dans quelle mesure les clubs vont pouvoir rouvrir à la rentrée de septembre.”

C’est effectivement une interrogation majeure pour la Fédération française de la montagne et de l’escalade qui compte près de 110 000 licenciés. “Quand on est accrochés au même ancrage au milieu de la falaise, c’est compliqué”, raconte François Dorval, président du club de Plougastel Daoulas dans le Finistère. “Mais on peut trouver d’autres manières de pratiquer en n’étant pas collé les uns sur les autres. Le problème, c’est la salle, la nôtre est petite. On doit utiliser le même matériel, il y a du contact. Il faut qu’on réfléchisse à tout ça : peut-être limiter le nombre d’adhérents par séance et multiplier les séances. Et si on voit que ce n’est pas possible, ça ne sera pas possible.” Personne ne sait aujourd’hui quand pourront rouvrir les salles d’escalade.

Source: France info