Les cours du pétrole en Asie

rp_emirats-petrole-dubai-300x201.jpgLes cours du pétrole étaient mitigés hier matin en Asie, découragés par des données chinoises maussades et la persistance d’une offre excessive.Dans les échanges électroniques en Asie, le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en avril prenait deux cents à 36,52 dollars vers 03h40 GMT.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne du brut, pour livraison en mai, abandonnait trois cents à 39,62 dollars. L’or noir a dégringolé depuis juin 2014 en raison d’une offre excédentaire que ne parviennent plus à absorber des économies en plein ralentissement.
Confortant le pessimisme des marchés, la Chine a vu ses exportations s’effondrer de plus de 25% en février, tandis que ses importations plongeaient à nouveau, signe d’une conjoncture internationale morose comme de l’essoufflement persistant de l’activité dans la deuxième économie mondiale. Certains analystes prévoient un atterrissage économique brutal en Chine, plus gros consommateur d’énergie au monde, qui négocie sa transition vers une économie plus tournée vers les services et la consommation intérieure. Les investisseurs attendent également les données sur l’état des stocks de brut aux Etats-Unis qui doivent être publiées mercredi par le ministère américain de l’Energie (DoE). Les stocks américains sont élevés et la demande doit encore les rattraper alors les fondamentaux sont toujours assez mauvais, a déclaré Margaret Yang, analyste chez CMC Markets à Singapour. La veille à la clôture, le WTI a perdu 1,40 dollar à 36,50 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), alors que le cours de référence avait gagné plus de 10 dollars depuis un mois. A Londres, le Brent a perdu 1,19 dollar à 39,65 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE). Je crois que cette remontée avait trop duré, a déclaré Gene McGillian, chez Tradition Energy, voyant dans le fléchissement de mardi, qui a mis du temps à se concrétiser, une réaction avant tout saine. Pour lui, les investisseurs pariant à la hausse se heurtent aux données fondamentales, avec des stocks record aux Etats-Unis, la production américaine en baisse (seulement limitée), et un gel de production annoncé alors qu’en tout état de cause la plupart des pays sont à fond et pas en mesure de pomper plus. En outre, le ministre koweïtien du pétrole Anas al-Saleh a minimisé la perspective d’un gel de production des principaux producteurs, avancée le mois dernier par l’Arabie Saoudite et la Russie, entre autres, en prévenant que son pays n’y participerait que si tous les grands producteurs, dont l’Iran, font de même.
Sinon, a-t-il ajouté dans un entretien au quotidien koweïtien AlKuwaityah, le Koweït tournera à pleine capacité. Il produit actuellement quelque 3 millions de barils par jour.
L’Iran, qui entend profiter de la levée des sanctions économiques internationales pour engranger des recettes de ses exportations de pétrole, avait qualifié en février de plaisanterie l’idée d’un gel de production.
Depuis, d’autres spéculations sont apparues concernant la tenue d’une réunion entre producteurs de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et hors-Opep à la fin du mois de mars, même si la date, le lieu et les participants d’une telle rencontre restent à définir.
Du côté de la demande, les investisseurs se sont inquiétés mardi de la chute des exportations chinoises en février, nouveau signe de ralentissement de la deuxième économie mondiale.
Les importations de pétrole brut ont grimpé de 19% sur un mois, mais pour Matt Smith, chez ClipperData, il se pourrait qu’ils mettent tout ce pétrole dans des réserves, plutôt que de répondre à la demande.
Les importations pourraient bien baisser dans les mois à venir, estimaient aussi les analystes de Commerzbank.
M. Smith a également indiqué qu’il fallait s’attendre à découvrir mercredi une nouvelle progression des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière, même si parallèlement la production américaine semble en pente descendante.
L’association professionnelle API doit fournir mardi soir une première estimation des stocks de pétrole aux Etats-Unis, avant les chiffres officiels attendus mercredi.
Moscou tient le haut du pavé
La Russie a réussi une manœuvre impressionnante en prenant l’initiative de créer un cartel pétrolier avec les pays de l’OPEP. Si les membres de cette nouvelle association parviennent à s’entendre lors de leur rencontre en mars, Moscou renforcera son rôle de leader.
La mise en place d’un nouveau cartel pétrolier avec la Russie à sa tête pourrait modifier sensiblement l’équilibre des forces dans le monde, estime le site d’information économique OilPrice.com.
“Si ce scénario se réalise, la Russie deviendra de facto le leader parmi les principaux pays producteurs de pétrole, car elle contrôlera 73% des livraisons mondiales”, constate l’auteur de l’article, Rakesh Upadhyay.
Selon lui, la Russie a effectué une manœuvre brillante en assumant le rôle principal dans la mise en place d’un nouveau cartel pétrolier sur fond de crise du secteur.
Ce processus a débuté avec la rencontre qui a eu lieu en février entre les représentants de la Russie, du Qatar, de l’Arabie saoudite et du Venezuela. Les négociations suivantes – sans doute dans un format élargi – se tiendront à la mi-mars. Si cette deuxième rencontre aboutit à une nouvelle entente entre la Russie et les pays de l’OPEP, Moscou ne tardera pas à renforcer sa position de leader.
Avant la crise, c’est l’Arabie saoudite qui donnait le ton en matière de cours du pétrole. Cependant, après la chute vertigineuse de ces cours, le rôle de la monarchie saoudienne s’est sensiblement affaibli. Depuis que la Russie a pris la tête de la lutte contre la crise pétrolière, la situation a radicalement changé.
Bien que Moscou et Riyad soutiennent des parties adverses dans le conflit syrien, “la chute violente des prix du pétrole a visiblement rendu possible une alliance entre eux”, souligne OilPrice.
Le média rappelle que la Russie cherche activement le moyen de renoncer aux pétrodollars. A cet effet, elle a déjà conclu des contrats commerciaux libellés en monnaies nationales. Si le nouveau cartel en gestation devient réalité, les pays qui en feront partie pourront cesser d’avoir recours au dollar.
“Dans le contexte des prix bas du pétrole, Moscou voit bien les possibilités qui s’offrent à lui et, visiblement, n’hésite pas à en profiter. Cela ne tardera pas à remodeler le paysage géopolitique de façon radicale”, constate le site d’information.
La rencontre de mars ne manquera pas de retenir l’attention des capitaines du secteur pétrolier du monde entier, car ses résultats seront plus importants que n’importe quelle entente prévoyant une réduction ou une augmentation de la production de brut.
Le Nigeria en première ligne pour le gel du niveau de la production
Le Nigeria, membre de l’Opep, est en première ligne pour pousser à un accord mondial sur le gel du niveau de la production de pétrole, a déclaré mardi son ministre de l’Energie, Emmanuel Ibe Kachikwu.
Des discussions sont en cours quant au gel mondial du niveau de production de pétrole, en vue d’un sommet extraordinaire de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qui se tiendrait plus tard ce mois-ci, a déclaré M. Kachikwu à la presse à Abuja.
J’ai été en première ligne pour pousser au gel de la production de pétrole et je suis content de voir que nous faisons des progrès, même si nous avançons pas à pas, a-t-il déclaré.
Quand nous tendons vers un objectif commun, tout le monde a tendance à revenir à la table des négociations et c’est là où nous en sommes (…) si nous parvenons à un consensus et si nous nous réunissons en Russie, je crois que l’impact sur le prix du brut peut être gigantesque, a-t-il poursuivi.
Les cours du brut, qui ont perdu plus de 60% depuis juin 2014 en raison d’une offre largement excédentaire, ont amorcé une nette reprise depuis la mi-février et la proposition faite par l’Arabie saoudite et la Russie – les deux plus gros producteurs de brut au monde -, ainsi que le Qatar et le Venezuela, d’un accord pour geler leur production à ses niveaux de janvier afin d’enrayer la chute des prix.
Depuis, d’autres spéculations ont émergé concernant la tenue d’une réunion entre producteurs de l’Opep et hors-Opep à la fin du mois de mars.
Je ne m’inquiète pas trop si deux des quelques 40 producteurs, parmi lesquels des non-Opec, décident de ne pas se plier au gel, je pense qu’on peut quand même produire l’effet désiré, a poursuivi M. Kachikwu.
Le Nigeria souffre de la chute des prix du pétrole, qui a considérablement réduit les revenus publics et affaibli la monnaie nationale, le naira.
Le Koweït lie un gel de sa production à celui des grands producteurs
Le Koweït, membre de l’Opep, ne gèlera sa production de brut que si tous les grands producteurs, dont l’Iran, font de même, a annoncé son ministre du Pétrole par intérim, Anas al-Saleh.
“Le Koweït ne s’engagera à aucun éventuel (accord) mondial sur un gel des niveaux de production de brut que si les grands producteurs, dont l’Iran, font partie de l’accord”, a déclaré le ministre à des journalistes en marge d’un forum sur les investissements à Koweït.
“Si un tel accord est conclu, le Koweït s’engagera à geler” le niveau de ses extractions, a encore dit le ministre, dont les propos sont publiés par le quotidien koweïtien AlKuwaityah sur son édition en ligne.
Sinon, a-t-il ajouté en réponse à une question, le Koweït, qui produit actuellement quelque 3 millions de barils par jour (mbj) “tournera à sa pleine capacité”. “Je vendrai chaque baril que je produirai”, a-t-il encore dit. Les cours du brut, qui ont perdu plus de 60% depuis juin 2014 en raison d’une offre largement excédentaire, ont amorcé une nette reprise depuis la mi-février et la proposition faite par l’Arabie saoudite et la Russie – les deux plus gros producteurs de brut au monde -, ainsi que le Qatar et le Venezuela, d’un accord pour geler leur production à ses niveaux de janvier afin d’enrayer la chute des prix.
Depuis, d’autres spéculations se sont faites jour concernant la tenue d’une réunion entre producteurs de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et hors-Opep à la fin du mois de mars, même si la date, le lieu et les participants d’une telle rencontre restent à définir.