Un couple alsacien veut faire le tour du monde

Nous vous les présentions il y a huit mois , ils cherchaient alors des sponsors et commençaient activement de nombreuses démarches administratives. Après de longs mois de préparation, les « Manalas » Audrey Dijoux et Steve Dreyer sont prêts à partir pour réaliser leur rêve : faire le tour du monde. À deux jours du grand départ, entretien avec des Thannois stressés, mais excités.

« Avons-nous tout prévu ? Comment allons-nous vivre l’aventure ? Le dépaysement ne va-t-il pas être trop important ? Parviendrons-nous financièrement et psychologiquement à rester pendant un an loin de notre pays natal, nos familles et amis ? »

Depuis qu’ils ont quitté leur travail respectif pour la dernière fois – un vendredi 13 (janvier) qui doit leur porter bonheur -, les « Manalas » ont le temps de gamberger et ces questions, ils ne cessent de se les poser. Le stress est à son paroxysme, mais ils ne peuvent plus faire machine arrière. En début de semaine, ils seront à Bangkok en Thaïlande et dans un an, ils devront être à Buenos Aires en Argentine, pour le vol retour.
Un travail de longue haleine en amont

« Avant, nous étions sur tous les fronts avec les nombreux préparatifs du voyage et nos derniers jours de travail à assurer. Nous n’avions donc pas le temps de penser plus loin. Là, on ne va pas le cacher, on stresse à fond » , témoigne le Ranspachois d’origine, Steve, technicien informatique au sein d’une entreprise de voyages, qui est parvenu à prendre une année sabbatique. Alors qu’Audrey, elle, a démissionné de son poste de commerciale pour une marque de lingerie.

Économies, recherche de sponsors, lancement d’une cagnotte participative en échange de défis – les globe-trotters devront notamment manger des insectes et se prendre en photo nus dans un paysage paradisiaque – ou encore démarches administratives, le couple vit chaque jour depuis un an avec ce voyage en tête.

Un projet mûrement réfléchi, des choix forts et un travail de longue haleine pour se permettre de réaliser ce rêve de parcourir le monde et voir ce que la vie propose, ailleurs.

« Ça fait plus de six ans qu’on y pense. On était encore étudiants. Mais comme souvent, ça ne se passe pas comme on l’imagine et on n’a pas pu partir à la fin de nos études » , explique Audrey, qui est directement entrée dans le monde du travail. « Ensuite, on se mettait des freins de nous-mêmes, mais la vie en France favorise aussi cela. » « On bouffe de l’administratif tous les jours depuis quatre mois et un petit peu chaque semaine depuis un an », coupe Steve. « Et encore, on s’attend à avoir des surprises en rentrant pour des choses auxquelles on n’aurait pas pensé, reprend sa compagne. Il y a de quoi perdre courage et renoncer (N.D.L.R. : les voyageurs comptent d’ailleurs rédiger un guide des choses à faire pour préparer un tel voyage). Aussi, on rentre dans un cercle de la vie qu’on nous apprend depuis tout petit. Mais à bientôt 30 ans (27 ans pour Audrey et 29 ans le jour de leur arrivée à Bangkok pour Steve) , pour partir, c’était maintenant ou jamais. »
« Buenos Aires Express avec 30 € par jour »

Et pour les amoureux voyageurs, c’est maintenant ! Ou plutôt, ce lundi, à 17 h 50, lorsque leur avion décollera de Bâle-Mulhouse. À leur arrivée, ils ont d’ores et déjà un logement chez l’habitant qui les attend pour trois jours. Où seront-ils et où dormiront-ils après ? Ils ne le savent pas encore, les aventuriers verront sur place. « On sait que l’on arrive à Bangkok et que l’on doit repartir vers la France depuis Buenos Aires en janvier prochain, présente Steve. Les vols sont déjà calés. Entre les deux, c’est un peu plus flou. On prévoit de faire 13 pays comme le Japon, la Malaisie, l’Australie ou encore la Nouvelle-Zélande. On a un budget de 30 € par jour. C’est le budget de la débrouille. En fait, on ne fait pas Pékin Express mais Buenos Aires Express. D’ailleurs, on va tenter de faire du bateau-stop et peut-être même de l’avion-stop. »

Pour aller d’un pays à l’autre quand leurs pouces ne suffiront pas, se loger, mais aussi pour profiter de ce qui s’offrira à eux, les aventuriers savent que 30 € ne suffiront peut-être pas. Travailler pour être logé chez l’habitant ne leur pose pas de problème, au contraire. « On part pour aller à la rencontre des gens, pas pour découvrir des hôtels » , insiste Steve. « Et on espère bien goûter la gastronomie locale », ambitionne Audrey. « On aimerait d’ailleurs écrire un livre de différentes recettes que l’on aura découvertes. Et on veut aussi faire découvrir les nôtres. »
Au revoir vin, fromage et… choucroute

Leur gastronomie, les deux Alsaciens, qui ont mangé de la raclette le week-end dernier, s’en détachent petit à petit depuis plusieurs jours. « On a profité du vin, du fromage, du saucisson et de toutes ces bonnes choses que l’on ne verra sans doute plus pendant un moment », sourit Audrey.

Demain midi, une dernière choucroute en famille est prévue pour les deux baroudeurs, avant de s’éloigner de leur chou natal pour un an.

Le chiffre : 22 000

Pour voyager un an autour du monde, Audrey et Steve ont prévu un budget total de 22 000 €. Après de nombreuses formalités administratives (assurances en tout genre, visas, matériel…), il leur reste 18 000 €.

Source: Lalsace

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