Les marchés d’Algérie

Les marchés sont l’âme d’une ville, dit-on. Au-delà de la fonction strictement économique, ceux d’Algérie respectent-ils la dimension culturelle, environnementale, urbanistique, voire esthétique que ces lieux sont censés représenter ? Assurément non, s’accorde-t-on à constater.Qui peut visiter une ville sans faire un détour par son marché principal ? Si ce réflexe est quasi universel, c’est qu’en plus d’y faire ses emplettes, le visiteur y découvre une ambiance typique exhalant des senteurs particulières. C’est l’endroit idéal pour sentir le pouls d’une ville.
Qu’en est-il des marchés des villes algériennes, du moins ceux de la capitale ? Quelle impression laissent-ils chez quiconque s’y rend ?
Qu’il s’agisse du marché de Lâakiba (ex-Belcourt), de celui des Trois Horloges (Bab-El-Oued) ou encore d’El-Madania (ex-Salambier), le constat largement partagé est le même : il ne s’agit plus que de dépôts disgracieux de marchandises, souvent limitées aux légumes et fruits de saison et presque partout, des excroissances anarchiques imposées par l’informel, même si celui-ci est aujourd’hui énergiquement combattu par les autorités publiques.
Peu ou pas d’espaces sont dédiés à l’artisanat alors qu’ailleurs dans le monde, relève-t-on, des villes ont bâti leur renommée grâce à leurs marchés, à l’instar de celui d’Alep (Syrie), du Grand Bazar d’Istanbul (Turquie), de Djamâa El-Fena à Marrakech (Maroc) ou encore des souks de Tunisie.
« Si j’étais touriste étranger et que je voulais repartir chez moi avec des souvenirs, je devrais chercher ailleurs que dans les marchés tant le choix y est limité ou inexistant », se désole une cliente.
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