Interview Simon Dubuis, un aventurier pas comme les autres

Marcheur et voyageur passionné, il passe de plus en plus de temps sur les sentiers a gambader. Il a eu l occasion de réaliser déjà deux belles et grandes traversées en Europe (Alpes et Carpates), ces dernières années. Aujourd hui, il se trouve dans les Andes afin de réaliser un itineraire de 10 mois de marche “Tahuantinsuyu – Sur la route des Incas”. Il s’agit d’une traversée à pied de l’ancien et vaste Empire Inca. Un itinéraire long de 5000 kilomètres des vallées peuplées et verdoyantes aux hauts plateaux désertiques et arides, jusqu’aux sommets des Andes à 6000 mètres d’altitude. (www.inca.dubuis.net)

La Rando: Comment se passent les contacts avec les populations autochtones… ? As-tu lié des liens amicaux, avec d’autres voyageurs ou des natifs… ?
Simon Dubuis: L’accueil que je recois est souvent bon, ou que ce soit. Voir arriver un etranger à pied suscite souvent la curiosité, généralement, le touriste débarque plutôt en bus ou en voiture. Cela est d’autant plus vrai dans les zones reculées et isolées. Connaisant leur region, les locaux savent à quel point cela peut être difficile et de ce fait, ils jetent un regard différent sur moi. Les portes s’ouvrent plus facilement.
Concernant les autres voyageurs, le hasard fait, bien sur, que parfois nos chemins se croisent. Mais je ne pousse pas à la rencontre, je ne voyage pas pour rencontrer mon voisin, j ai tout le loisir de le faire en France. C est pour cela que je suis membre de plusieurs associations et communautes de marcheur ou voyageur et qu avec un ami, nous avons fonde “les Soirees Trek” (www.lessoireestrek.org)
Pour les contacts, bien sur, dans le lot de personnes rencontrées, il y en a avec qui j’ai plus d affinités et avec qui je garde contact.

La Rando: Penses tu que l’expérience que tu as acquis en voyageant t’a ouvert d’autres horizons… ?
Simon Dubuis: Oui sans aucun doute, Je n’aurai jamais pu traverser, sans le moindre mal, des regions desertiques comme la Bolivie si je n’avais pas eu d autres experiences au préalable. Mes experiences m’ont permis d aller dans des regions plus isolées et d’entreprendre des marches plus difficiles techniquement, comme en Norvege par exemple.
Concernant des horizons sur d’autres domaines, lorsque je prépare une destination, j’aime me documenter sur celle ci. De ce fait, je fini egalement par m’interesser à des domaines bien differents comme : la géographie, l’histoire, l’ethnologie, l’ecologie, la politique…

La Rando: Ce qui te manque le plus en voyage ?
Simon Dubuis: Le fromage sans hésitation ! Dur de s’en passer pour un Francais et encore plus dur d’en trouver du bon (ou du mangeable) loin de la France. Il n y a que lors de ma Transalpine ou j ai pu me regaler des fromages alpins tout du long de la traversée.
Mais aussi, pendant des voyages de plusieurs mois, il n est pas toujours facile d etre loin de ses proches en permanence, de sa famille et de ses amis.

La Rando: Une rencontre marquante durant tes voyages ?
Simon Dubuis: Mes rencontres les plus marquantes ont ete souvent les plus courtes. De voir comment des personnes que vous ne connaissez pas, qui n’ont pas grand chose, sont prêtent à tout pour vous aider.
Je me souviens d’un moine Tibetain, alors que j’étais sur les pentes de l’Everest au Nepal. Certainement exilé comme beaucoup de son pays, il m’a propose de porter mon sac alors que j’étais assis à côté du chemin à souffler, fatigué par l’altitude et la chaleur. J’ai bien sur refusé, et il m’a du coup offert un bonbon à sucer, plein de sucre pour me redonner des forces.

La Rando: Si c’était à refaire, le referais tu… ?
Simon Dubuis: Evidemment, aucun regret concernant mes voyages ou sur le choix des destinations. Il y en a d ailleurs ou je me suis rendu plusieurs fois. Et pour les autres, ce n’est pas l envie qui m’en manque.
Il peut se passer beaucoup de temps, entre le moment ou je commence à m’intéresser a une région, à un pays, et le moment ou je m’y rend. Cela me laisse le temps d’y rêver.

La Rando: Durant ton voyage, qu’as-tu appris sur toi-même ?
Simon Dubuis: Ce que j’ai appris sur moi meme et qui est valable pour tout le monde, c est qu’avec la passion, un peu de volonte, on peut réaliser de grandes choses et aller au bout de ses rêves. Je ne suis ni athlete, ni un génie, ni riche (pour financer mes voyages) et je ne connaissais personne qui vivait de telles aventures dans mon entourage. J’ai eu un jour cette envie de partir, j’ai mené ma petite aventure dans mon coin, et avec le temps mes projets ont pris de l’ampleur pour finir par réaliser des traversées de montagnes sur plusieurs mois.

La Rando: Quels sont tes prochains projets?
Simon Dubuis: Je ne me fixe pas de projet tant que le voyage précédent n’est pas terminé. Même une fois rentré en France, je reste plongé dedans pendant un moment, avec l’écriture du récit, le classement des photos, la mise à jour de mon site internet avec toutes les infos sur ma marche. Et comme je suis en pleine marche actuellement, je n’ai encore rien déterminé, même si, j’ai plein d’idées et d’envies en tête.