Reinhold Messner, une légende de l’alpinisme

Légende de l’alpinisme, l’Italien Reinhold Messner a tutoyé la mort pour conquérir les pics de la planète. A 73 ans, il transmet cet “art de ne pas mourir” par ses livres, ses musées et bientôt en films.

Barbe fournie et cheveux hirsutes, l’alpiniste est venu présenter à la Foire internationale du livre de Francfort (10-15 octobre) son dernier ouvrage, “Wild”, racontant l’épopée du navire Endurance pour traverser l’océan Antarctique.

L’équipage se retrouva naufragé pendant 22 mois sur le continent de glaces en 1915-1916, mais parvint à survivre et à se sauver alors même que leur voilier était détruit par la banquise.

Messner est un homme de cette trempe-là. “Le but dans la vie c’est de mettre ses idées à exécution (…) pour moi, il s’agit toujours de revenir au monde sauvage, à la nature, aux montagnes”, dit-il à l’AFP.

Véritable monument dans sa discipline, il a été le premier à conquérir sans assistance respiratoire l’Everest (1980). Six ans plus tard, toujours sans oxygène en stock, il a conquis les quatorze sommets de plus de 8.000 mètres de la planète.

– Anti-consumérisme –

Pour lui, la vraie aventure, la conquête, suppose d’avoir le moins de matériel et le moins d’aide extérieure possible. Une approche qui se perd selon lui, les alpinistes d’aujourd’hui préférant être accompagnés de sherpas sur des routes tracées par d’autres.

“Le vrai alpiniste ne veut pas d’infrastructure, il veut aller au monde sauvage (…) et les chances d’être tué sont relativement élevées”, explique-t-il.

“L’art de ne pas mourir est seulement un art s’il y a vraiment un risque de mourir. Si j’écarte ce risque de mourir, alors cela devient juste un jeu, du tourisme ou du consumérisme”, assène-t-il, sans concession.

L’aventurier parle en connaissance de cause. En 1970, son frère Günther meurt alors qu’ensemble ils tentent de conquérir par mauvais temps le pic pakistanais Nanga Parbat (Himalaya, 8.125 mètres).

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