Un Québécois abandonne son traitement pour marcher jusqu’au camp de base de l’Everest

Un homme de 39 ans qui a frôlé la mort à plusieurs reprises depuis qu’il a été diagnostiqué d’un cancer de la peau en 2006 vivra son rêve de marcher sur le mont Everest.

Diagnostiqué d’un mélanome, une forme de cancer de la peau très agressive, le Montréalais Sylvain Poissant a fait sept rechutes et les médecins ont cru qu’il allait mourir plusieurs fois.

Entre les traitements expérimentaux aux États-Unis et la souffrance de combattre la maladie tous les jours, celui qui est bénévole à temps plein pour la Société canadienne du cancer n’a jamais baissé les bras au cours des 11 dernières années.

Népal

Même si les médecins ne lui donnaient que six mois à vivre en 2006, il s’envolera cet après-midi vers le Népal pour tenter d’atteindre le camp de base de l’Everest, à 5500 mètres d’altitude.

« Je ne le réalise pas encore que nous partons. J’ai été si préoccupé à me concentrer un jour à la fois que je n’y ai pas pensé. J’ai hâte de le vivre », a raconté Sylvain Poissant.

Pour réaliser son rêve, il devra cesser ses traitements d’immunothérapie pendant les trois semaines du voyage, ce qui n’a pas fait l’affaire de ses médecins.

Le périple de 21 jours que s’apprête à vivre Sylvain Poissant est exceptionnel pour le commun des mortels, mais phénoménal pour un homme qui combat quotidiennement un cancer de la peau, et ce, depuis 11 ans.

Le médecin spécialiste en hémato-oncologie de l’Hôpital général juif de Montréal, Wilson Miller, a partagé ses inquiétudes avec son patient avant son départ.

« Il [le Dr Miller] a des craintes en raison des protocoles de recherche qui nécessitent des barèmes stricts à suivre. J’amène mon corps à plus de 5000 mètres en plus de sauter un traitement. Ça les inquiète », a rapporté M. Poissant.

Source de motivation

Même si aucun médecin ne l’accompagnera au cours de son escapade, le Québécois pourra compter sur deux des 21 membres de son groupe qui exercent le métier d’ infirmière.

« Je vais écouter mon corps, je me suis entraîné et je suis en forme, c’est ce qui m’a permis de vivre aussi longtemps. Je ne vais pas risquer cela. Si je ne suis plus capable, je vais arrêter avec le sentiment du devoir accompli quand même », a partagé l’homme qui s’entraîne chaque jour depuis les neuf derniers mois.

La conjointe de Sylvain Poissant depuis février 2016, Martine Théorêt, a avoué que la détermination que démontrait son amoureux est une grande source de motivation pour tout son entourage.

« Quand j’ai rencontré Sylvain dans une conférence à Sherbrooke, ma vie a fait un tour à 360 degrés. Sa façon de vivre le moment présent et ne pas se tourmenter avec demain est remarquable. On oublie d’apprécier ce qu’on a, mais pas lui », a-t-elle raconté.

Il amasse des centaines de milliers de dollars

Depuis huit ans, Sylvain Poissant a récolté des centaines de milliers de dollars dans la lutte au cancer en plus de sensibiliser des centaines d’adolescents contre les dangers de l’exposition au soleil.

Sauveteur nautique pendant toute son adolescence, il est convaincu que sa nonchalance face à l’exposition des rayons UV du soleil a été l’élément déclencheur de son cancer.

Dix ans après la fin de sa carrière de sauveteur, une biopsie d’un grain de beauté sur son épaule a révélé la présence d’un mélanome, un cancer de la peau à un stade avancé et incurable.

Il a défié tous les sombres pronostics des médecins, guérissant à chacune de ses sept rechutes.

Bénévole

Depuis 2009, Sylvain Poissant a pris la décision de s’engager dans la communauté de la Société canadienne du cancer à titre de bénévole.

De plus en plus motivé par le projet, il a finalement quitté son emploi de coordonnateur technique chez Sports Québec en 2012 pour se donner à temps plein à la cause.

Il a même été nommé ambassadeur et porte-parole du programme de sensibilisation quant à l’importance de se protéger des rayons du soleil auprès des jeunes dans les écoles.

Il a amassé des centaines de milliers de dollars pour l’organisme à but non lucratif via diverses campagnes de financement.

Modèle

Selon le porte-parole de la Société canadienne du cancer André Beaulieu, M. Poissant demeure l’une des pierres angulaires de l’organisme depuis cinq ans.

« Sylvain est dédié à 100 % envers la Société. Il a organisé tant d’événements et participé à tellement de conférences. C’est un modèle d’espoir pour tous les adolescents dans les écoles qui croient que la crème solaire ne sert à rien », a affirmé André Beaulieu.

Source:  journaldemontreal

Par Randonnée Alpinisme randonnée