Partenariat entre les Emirats et l'Algérie

Le Forum d’investissement algéro-émirati organisé lundi à Alger sera sanctionné par près de dix accords de partenariat dans divers domaines, a déclaré le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb qui a appelé les sociétés émiraties à intensifier leurs investissements qui sont encore en deçà du niveau requis.

Dans une déclaration en marge de cette deuxième rencontre du genre cette année, après celle d’Abu Dhabi en avril dernier, M. Bouchouareb a indiqué que le forum sera sanctionné mardi par la signature de dix accords qui ont été examinés et négociés lors de la rencontre d’Abu Dhabi, sans en préciser les domaines concernés.

Le ministre a ajouté que le forum auquel prennent part 50 grandes sociétés émiraties permettra de définir les projets que « nous souhaitons hisser au niveau des relations politiques stratégiques entre l’Algérie et les Emirats arabes unis, une volonté exprimée par la délégation émiratie » conduite par le ministre d’Etat aux affaires financières, Obeid Humaid Al Tayer.

Intervenant lors des travaux de cette rencontre, le ministre a appelé à la réactivation des nombreuses conventions signées entre les deux pays dans différents domaines et à la mise en place des mécanismes de « leur concrétisation sur le terrain avec plus d’efficacité ».

Environ 40 accords et mémorandums d’entente ont été signés entre les Emirats arabes unis et l’Algérie. Ils portent essentiellement sur l’investissement, le partenariat, la normalisation, la gestion des parcs industriels, les petites et moyennes entreprises, le tourisme, la non double imposition, l’enseignement, la magistrature, l’agriculture, l’environnement, l’information, le transport maritime, les ports, les services aériens et même la protection du consommateur.

Les deux pays disposent d’une commission conjointe qui se réunie périodiquement depuis 1984, d’un mécanisme de concertation politique, d’une commission de suivi du dossier des investissements et d’une commission douanière, rappelle-t-on.

Le cadre institutionnel entre l’Algérie et les Emirats arabes unis est « global et intégré », a estimé M. Bouchouareb mettant en exergue, dans ce contexte, la nécessité de réactiver tous les mécanismes pour valoriser les potentialités en vue « d’exploiter aux mieux les opportunités offertes en temps réel ».

Parmi les secteurs offrant des opportunités de projets de partenariat, M. Bouchouareb a cité la pétrochimie, la mécanique, les dérivés du pétrole, les produits pharmaceutiques, l’Agriculture et l’agroalimentaire.

M. Bouchouareb a appelé à prospecter d’autres opportunités d’investissement en coopération avec des partenaires algériens. « L’Algérie compte beaucoup sur la capacité d’investissement de vos entreprises et nous insistons sur l’importance de développer les relations industrielles d’autant que les opportunités offertes sont grandes pour lancer de nombreux projets communs ».

Il a rappelé à ce propos l’importance du marché interne et la situation géographique de l’Algérie et ses ressources naturelles et humaines qui font d’elle un pays apte à exporter vers les marchés arabes, africains et européens.

Il a évoqué les avantages et les privilèges accordés notamment après l’amendement de la loi sur l’investissement.

L’Algérie et les Emirats arabes unies pourront, a ajouté le ministre, constituer deux pôles industriels et économiques importants dans l’espace arabe.

Pour sa part, le ministre d’Etat émirati aux affaires financières a indiqué que les échanges commerciaux hors hydrocarbures sont en deçà des attentes des deux pays malgré une hausse sensible enregistrée au cours des dernières années.

Selon les chiffres avancés par Al Tayer, le volume des échanges entre l’Algérie et les Emirats arabes unies a atteint prés d’un milliard de dollars en 2015 ce qui reste en deçà des attentes des dirigeants des deux pays.

Les investissements des entreprises émiraties en Algérie sont estimés à près de 10 milliards de dollars, a-t-il précisé.

M. Al Tayer a salué les efforts du gouvernement algérien visant à améliorer le climat des investissements dans le pays, en témoigne, -a-t-il dit, la nouvelle loi sur l’investissement qui prévoit des facilitations. « Nous espérons que la partie algérienne accorde toutes les facilités aux investisseurs émiratis en Algérie en vue de hisser notre partenariat au niveau escompté », a-t-il déclaré.

Il a souligné que ce forum permettra d’ouvrir de nouvelles perspectives de partenariat pour construire une économie durable, qui ne s’appuie pas sur les ressources épuisables, dans le cadre de l’application de l’accord sur la non double imposition et l’accord sur la protection de l’investissement signé entre les deux pays en 2001.

Les travaux du forum se poursuivront en rencontres bilatérales entre les entreprises algériennes et émiraties pour mettre au point des projets de partenariat.

APS