Qui sont ces nouveaux profils en entreprise ?

profil polymorpheLes gentils clones – dociles et adaptables – ont longtemps été les favoris des entreprises. Mais celles-ci prennent conscience que ce modèle est dépassé et revoient leurs standards de recrutement pour faire place à des individus à l’anticonformisme affiché et aux aptitudes un peu folles. 

Les entreprises ont changé de chouchous. La classique combinaison gagnante “HEC/costume – cravate/gentil clone” cède du terrain aux grandes gueules mal rasées, mal sapées et même non diplômées ! En effet, pour être bankable aujourd’hui, il est conseillé davoir quelques mad skills à son arc. Littéralement, des aptitudes «folles» ou hors norme. Le terme est déjà associé à plus de 1.000 annonces de recrutement aux Etats-Unis sur le site leader Monster. Désormais, la perle rare est un type déviant.

PLACE AUX ESPRITS NEUFS ! «A l’heure où la différence ne se fait plus sur les produits mais sur les idées, les décideurs sont en quête de profils singuliers dotés d’une forte personnalité, capables de produire des pensées perturbatrices et d’instaurer une véritable culture de l’intelligence collective», analyse Sandrine L’Herminier, auteure de Tu seras un manager responsable, mon fils, Editions Yves Michel/Place publique, 2015.

Les organisations sont de plus en plus conscientes que la prime à la conformité ne leur permet plus de tirer leur épingle du jeu. La création de valeur suit une nouvelle logique, qui repose sur l’intégration d’esprits neufs, que Denis Ettighoffer, spécialiste de l’impact des nouvelles technologies, nomme «les rebelles constructifs» dans son rapport «Le gène rebelle, facteur clé de compétitivité».

Le diplôme et les compétences techniques se voient ainsi supplantés par des qualités plus diffuses, plus originales et plus personnelles. Aux profils lisses et classiques les boîtes préfèrent désormais les parcours surprenants. Un exemple caractéristique ? Cette annonce publiée sur son site Internet par le cabinet de conseil Weave : «Votre parcours contribue à notre richesse. Anciens membres de l’équipe de France de ski, de hockey et de CSO (concours de saut d’obstacles), coureurs de marathons et d’ultratrails, écrivains, musiciens et choristes, diacres sont autant de profils qui illustrent notre diversité.»

Cet état d’esprit correspond bien à celui des start-up de la Silicon Valley, dont Pierre Mirallès a identifié les grands principes de management dans «La gestion des talents : émergence d’un nouveau modèle de management ?», Management & Avenir. Ces très jeunes entreprises recrutent des salariés «exceptionnels», sans se soucier des stéréotypes liés à la personnalité (conformité culturelle, orthodoxie, etc.), quitte à se tromper et à devoir gérer un niveau très élevé de turnover.

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