Il ne faut pas sous-estimer la montagne

La pratique d’une activité en montagne doit être précédée d’une préparation physique adaptée. La majorité des pratiquants de la montagne (alpiniste, skieur, randonneur, etc.) appelle les secours à bon escient, les abus restant minoritaires. Ils sont d’ailleurs passibles de poursuites judiciaires. C’est important, car, selon le capitaine Patrice Ribes, du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix, l’activité de son service est déjà bien soutenue: «À Chamonix, nous avons deux secteurs qui concentrent les pratiques touristiques et qui génèrent chacun environ 10 % de notre activité d’interventions en montagne (sur un total de 800 à 1000 secours par an). Il s’agit de l’ascension du mont Blanc en été et de la descente de la vallée Blanche en hiver.

Deux problèmes reviennent souvent: l’altitude et l’épuisement. En majorité, les personnes que nous sommes amenés à évacuer doivent l’être parce qu’elles n’ont pas eu le temps de s’acclimater à l’altitude. Si le mal aigu des montagnes peut se rencontrer dès 2500 mètres d’altitude, nous intervenons surtout pour récupérer des personnes au niveau du refuge du Goûter, à 3800 mètres. Nous récupérons également des personnes épuisées, incapables de faire un pas de plus: or, quand on prévoit une randonnée en montagne (en ski, en raquettes, pédestre, etc.), il est très important lors de la préparation, de jauger à la fois la difficulté technique et physique de la course et de ne pas préjuger de ses forces et de sa santé.»

«Il est très important, lors de la préparation, de jauger à la fois la difficulté technique et physique de la course»

Capitaine Patrice Ribes, peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix

«Il faut aussi partir avec une carte adaptée pour ne pas se perdre et tenir compte des conditions météo: s’il vient de neiger, par exemple, les difficultés techniques seront accrues. Les difficultés peuvent encore venir de la nature du terrain: après avoir pris le téléphérique pour monter jusqu’à l’aiguille du Midi, par exemple, il faut emprunter une arête à pieds avant de s’engager dans la descente à skis de la vallée Blanche (itinéraire de montagne). Elle est assez vertigineuse et peut impressionner. De quoi se sentir exténué sous le coup du stress. Or la fatigue est un facteur de risque de traumatisme. C’est d’ailleurs pourquoi, même en cas de coup de pompe au cours d’une simple randonnée, il faut prendre le temps d’une pause, en se mettant si possible au soleil et en s’alimentant le temps de se sentir mieux, puis faire demi-tour plutôt que de forcer, pour ne pas se mettre en danger. Bien souvent, cela suffit et permet de rentrer tranquillement avant la nuit.»

Aussi belle que soit la montagne, ce n’est pas un terrain de jeu ordinaire. Savoir assumer ses responsabilités, n’appeler les secours qu’en cas de besoin réel (malaise, traumatisme, etc.), c’est aussi une question d’éthique vis-à-vis de ceux qui prennent des risques pour nous porter secours.

Source: Le figaro

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