Les riches polluent 2000 fois plus que les pauvres

Un élu communiste, des médias, une école de commerce affirment que les pauvres pollueraient 2000 fois moins que les riches. Décryptage.

Qui le dit ?

“Les riches polluent 2000 fois plus que les pauvres”. Cette vérité a été prononcée par Ian Brossat, chef de file du Parti communiste aux élections européennes et adjoint au logement de la maire de Paris Anne Hidalgo, dans un tweet du 18 novembre sur les  “Gilets jaunes” qui a généré près de 1.000 interactions. On la retrouve dans les écrits d’une école de commerce à Paris ou dans un article de  Paris match.

Que disent les rapports ?

C’est vrai, mais… Ian Brossat s’appuie sur l’article de Paris Match de fin 2015, qui cite lui-même les conclusions d’un rapport sorti en novembre de la même année. “Carbone et inégalité : de Kyoto à Paris” est signé des économistes de renom Lucas Chancel et Thomas Piketty. Basé sur des données de 1998 à 2013, ce rapport se penche sur l’évolution des émissions de CO2  et des inégalités. Mais que dit-il précisément ?

  • L’étude s’attarde sur les populations qui émettent le moins de CO2 au monde. Il s’agit des habitants les 10 % les plus pauvres de cinq pays d’Afrique et d’Amérique latine : le Honduras, le Mozambique, le Rwanda, le Malawi et la Zambie. En moyenne, ces habitants émettent 10 kg de CO2 par an et par personne.
  • Le rapport s’attarde aussi sur les populations qui émettent, cette fois, le plus de CO2 dans le monde. Là, il s’agit des 1 % les plus riches de cinq pays développés : les États-Unis, le Luxembourg, Singapour, l’Arabie Saoudite et le Canada. En moyenne, leurs revenus sont plus de 6 000 fois supérieurs à ceux des plus pauvres, et ils émettent 261 tonnes de CO2 par an.

Ces derniers polluent donc 2 610 fois plus que les plus pauvres et moins pollueurs de la planète. Ceci est dû à leurs habitudes : logements plus grands donc davantage de surface à chauffer et électrifier, consommation d’eau plus élevée, davantage de trajets en avion, possession de voitures et de biens de consommation importés, dont la production est délocalisée (vêtements, smartphones, ordinateurs…).

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