Le défi alimentaire du Qatar

qatar-agricultureD’ici à 2030, le petit émirat souhaite ne plus dépendre des autres Etats pour nourrir sa population. Réaliste ou utopique?  Après le rachat du PSG en 2011, l’organisation de la coupe du monde en 2022, le Qatar se lance une nouvelle fois un défi pour 2030. L’autosuffisance alimentaire. Un objectif pharaonique alors que l’émirat importe actuellement 90% de ses besoins alimentaires.

Handicapé par le manque d’eau et son climat très aride, le Qatar qui souhaite lancer son projet dès 2014 pourrait bien abandonner avant l’heure comme cela est déjà arrivé à son voisin saoudien qui a renoncé dès 2008 constatant la non-rentabilité du projet.

L’émirat à l’initiative

Tout commence en 2008 lorsque le cheikh Hassad Bin Khalifa Al Thani lance le Qatar National Food Security Programme (QNFSP). Un programme national de sécurité alimentaire (QNFSP) visant l’autosuffisance qui devrait couvrir 60 à 70% des besoins alimentaires d’une population d’environ 1,7 millions de personnes.

Pour montrer la voie à ses voisins et affirmer sa puissance, l’émirat gazier lance en mars 2012 lors du Forum mondial sur la sécurité alimentaire, l’”Alliance mondiale des pays désertiques” (Global Dry Land Alliance), une nouvelle organisation internationale en mesure, selon le Qatar, d’obtenir des résultats concrets en matière de sécurité alimentaire.

Le Qatar redoute une flambée des prix

En réalité, selon Matthieu Brun, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), le Qatar n’a pas réellement eu le choix de se lancer dans ce vaste projet. “Avant la crise alimentaire, le Qatar pouvait acheter des denrées à l’étranger sans problèmes. Puis, avec l’augmentation brusque du prix des denrées, le pays a eu peur. Désormais, il ne veut plus être dépendant”. En 2007, 75% de ses importations alimentaires provenaient notamment de l’Arabie Saoudite (16%), de l’Inde (14%) ou encore de l’Australie (12%).

Un constat partagé par Hatem Belhouchette, Docteur en agronomie (SupAgro de Montpellier) et ingénieur agronome qui précise aussi que “lorsque le prix des denrées au Qatar est monté, le pays a perdu beaucoup de sa population étrangère. Les autorités ne sont pas restées indifférentes”. Lire la suite sur Challenges.fr