Elle traverse l’Europe en calèche

Son tour d’Europe en calèche est passé par Villeneuve-sur-Lot la semaine dernière. Et se termine ces jours-ci en Dordogne. Lena ménage ses montures. À quelques jours de la fin de son périple, entamé en 2012 en Lorraine, aucun intérêt de brusquer Happy et Comette. À chaque jour suffit sa peine.

Depuis trois ans, ses deux fières juments irish cob et comtoise ont pris le rythme. À un train de sénatrices, elles devront encore tracter sa roulotte à raison de 20 kilomètres quotidiens.Seul impératif : arriver samedi à Bourrou, petite commune du Sud-Dordogne où réside Laëtitia, qui l’a accompagnée à plusieurs reprises pour des bouts de route, en Roumanie et en Pologne notamment.

Pour Lena, qui a ainsi traversé l’Allemagne, la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Serbie, à nouveau la Roumanie et la Hongrie, puis la Croatie, la Slovénie et l’Italie, avant de retrouver la France, Bourrou sera son port d’attache temporaire. Du moins un refuge où passer l’hiver, le temps de réfléchir à quoi ressemblera son futur. « Aujourd’hui, je n’ai pas de maison. Enfin, c’est la calèche… » Et puis Happy porte en elle le souvenir d’un étalon slovène. Avec le poulain à naître, difficile d’imaginer repartir pour 6 500 nouveaux kilomètres.

Chers fers à cheval

La jeune femme était partie « sans objectif humanitaire, dans l’unique but de voyager, d’avancer et de rencontrer des gens ». Avec son petit ami d’alors, elle s’était d’abord fixé d’atteindre Prague. Une fois sur les rives de la Vltava, ils ont convenu de pousser jusqu’à Berlin et de rebrousser chemin. « En fait, c’est surtout lui qui voulait rentrer », explique-t-elle. Leur histoire s’est arrêtée là. En Allemagne, Lena, avec les deux chevaux qui lui appartenaient mais sans calèche, a décidé de continuer plus à l’est, après avoir acheté une nouvelle roulotte.

Dans l’unique but de voyager, d’avancer et de rencontrer des gens

« Le seul impératif pour ce genre de voyage est d’être deux », rappelle Lena. Pas pour dormir, puisqu’à l’en croire, les mauvaises rencontres ont été plutôt rares en chemin, mais plutôt pour adoucir les dangers de la route avec un tel convoi. Partie avec quelques économies en poche, grevées par l’achat de la calèche, c’est chez les maréchaux-ferrants qu’elle explique avoir dépensé le plus d’argent.

Les cadeaux de l’Est

Les nuits ne lui coûtaient rien. Seules conditions pour choisir un arrêt : qu’il y ait de l’herbe et de l’eau pour ses juments. Pour les repas, aucun problème non plus : « Dans les pays de l’Est, nous avions plus à manger que nous pouvions en avaler. Les gens nous donnaient beaucoup, nous invitaient chez eux… » De l’Italie, elle gardera le souvenir de nombreux contrôles de police. De son retour en France, l’accueil de nombreux maires de petits villages mettant à sa disposition terrains de foot et vestiaires de club. « Entre Bajamont et La Croix-Blanche », des maraîchers « super sympas » lui ont donné une pleine cagette de légumes.

« En France, c’est plus rare », relève Lena. À l’aide de son tracteur, l’agriculteur a aussi permis au convoi de passer une côte, trop importante pour l’attelage. Jeudi soir, c’est dans le parc François-Mitterrand de Villeneuve-sur-Lot que les deux jeunes femmes ont dormi, avant de mettre de cap sur Monflanquin pour gagner Bergerac mercredi ou jeudi, puis Bourrou. De nouvelles montées s’annoncent. Des rencontres aussi. Les derniers souvenirs à consigner dans le livre qu’elle prépare.

Son blog: http://est-roulotte.over-blog.com

Source: sudouest

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