Benjamin Guigonnet, piolet d’or en Alpinisme [interview]

Avec Hélias Millerioux et Frédéric Degoulet, cet Azuréen a ouvert une voie sur la face sud du Nuptseau, au Népal, sans oxygène… Le piolet d’or, c’est le Graal de chaque alpiniste. A 31 ans, ce guide de haute montagne azuréen l’a remporté avec deux autres alpinistes : Hélias Millerioux et Frédéric Degoulet. Il envisage à nouveau un exploit en haute montagne, mais pas avant 2020.

« Le piolet d’or, c’est un peu comme le ballon d’or », pointe Benjamin Guigonnet. Le Graal de tout alpiniste en somme. Et nul besoin d’habiter en haute montagne pour le recevoir. Avec Hélias Millerioux et Frédéric Degoulet, cet Azuréen de 31 ans a été récompensé du fameux piolet d’or. Un trophée remporté grâce à l’ouverture d’une voie sur la face sud du Nuptseau, au Népal, sans oxygène pour arriver au sommet de cette montagne himalayenne.

Comment en êtes-vous venu à l’alpinisme ?

Je faisais de l’escalade dans les Alpes-Maritimes. Je grimpe beaucoup : c’est le fond de ma passion. Avec les copains, on a commencé à faire de l’alpinisme. Après un voyage à Barcelonnette quand j’étais au lycée, j’ai décidé de devenir guide de haute montagne.

Racontez-nous cette expédition historique au Népal…

Cette expédition a démarré en 2015. Avec un copain, on était parti pour ouvrir cette nouvelle voie. Il n’y avait pas assez de neige et de glace, il faisait trop sec donc c’était trop dangereux. Alors on y est retourné en 2016. Là, les conditions étaient parfaites. Mais on a échoué lors du cinquième jour d’ascension à 300 m du sommet. On découvre le terrain à chaque fois qu’on monte. Et cette fois-ci, on s’est trompé d’itinéraire. On n’avait pas bivouaqué assez haut. À la mi-journée, on était beaucoup trop bas pour tenter le sommet. On a été obligé de redescendre.

La troisième fut la bonne ?

Oui ! On était déterminés : on savait où passer. Avec Hélias Millerioux et Frédéric Degoulet, on a fait les bons choix, avec un bivouac en plus. On a réussi à faire le sommet. Mais en redescendant, l’un de nous a fait une chute et s’est cassé trois côtes à 7.100 m d’altitude.

Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez reçu le piolet d’or ?

Le piolet d’or, c’est un peu comme le ballon d’or. Les plus belles ascensions de l’année sont sélectionnées par un jury. C’est un super prix car on rejoint nos idoles de l’alpinisme.

Et que ressent-on au sommet du Nuptseau ?

Quand on ouvre une voie, c’est particulier. On passe par un endroit où personne n’est passé. On crée quelque chose que l’on rêvait de réaliser depuis tellement d’années. C’est un moment intense. On passe par toutes les couleurs.

Et maintenant, trouvez-vous fades vos montagnes azuréennes ?

Non non. A chaque fois, on a la vue. Et puis ce sont des endroits particuliers que l’on connaît très bien.

Un nouvel exploit est-il en préparation ?

Je vais faire un petit voyage d’escalade au parc national de Yosémite en mai. La grosse montagne, c’est peut-être pour 2020. Pourquoi pas un 8.000 m. Mais rien de sûr : c’est beaucoup de souffrance. Mentalement, il faut être très déterminé. Et il faut que le projet nous tienne à cœur à 100 %.

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