L’air pur canadien vendu en Chine

La pureté de l’air vivifiant des Rocheuses canadiennes fait partie du patrimoine du pays. Deux jeunes Canadiens se sont lancé le défi de le mettre en bouteille. Ce qui était une blague au départ est en train de devenir une affaire qui roule notamment auprès des Chinois qui suffoquent dans l’air pollué des grandes villes.

La start-up lancée en 2014 s’appelle Vitality Air. Ce qui était au départ pour Moses Lam et Troy Paquette plus une facétie qu’un projet est en train de prendre un tour autrement plus sérieux. Il faut croire qu’il y a beaucoup plus de personnes qui souffrent d’un manque d’air pur que ne l’auraient supposé les deux comparses résidents d’Edmonton (Alberta), dans l’ouest canadien.

L’affaire a commencé quand les deux cofondateurs ont mis en vente sur un site d’enchères en ligne une poche d’air recueillie dans les Rocheuses. Surprise, l’objet trouve preneur pour 1 dollar sur eBay. Les deux comparses proposent une deuxième poche d’air de leurs montagnes qui cette fois atteint 160 dollars… « C’est là qu’on a réalisé qu’il y avait un marché pour cela », raconte Moses Lam au Telegraph.

Dès son lancement sur Internet, Vitality Air se fait une petite clientèle. Les commandes viennent de Turquie, de Taïwan, d’Israël et même de l’Alberta. Neuf cents bouteilles partent ainsi à l’autre bout du monde en quelques semaines. Mais ce n’est qu’un début et les épisodes de pollution sévère que connaissent notamment la Chine et l’Inde récemment sont du pain bénit pour la jeune entreprise.

Secret jalousement gardé

La première expédition de 500 bouteilles vers la Chine est écoulée en quatre jours. Avec les pics de pollution de Pékin et de Shanghai, les expéditions sont passées à la vitesse supérieure et ce sont actuellement 4 000 bouteilles qui y sont acheminées. Sur le site de vente aux enchères chinois, Taobao, le produit s’arrache littéralement assure le représentant de la compagnie sur place.

Vitality Air qui se targue d’être « révolutionnaire » est encore une toute petite entreprise où tout est « fait à la main ». Les deux entrepreneurs partent régulièrement dans les Rocheuses pour « récolter » leur matière première. Après avoir effectué des prélèvements pour repérer le point où l’air est le plus pur, ils font le plein de leurs bonbonnes sous pression. La façon dont ils s’y prennent est un secret de fabrication jalousement gardé.

Entre 80 et 150 bouffées d’air

Redescendus dans la vallée, il ne reste plus alors qu’à transférer l’air dans des contenants individuels équipés d’un pulvérisateur spécial qui sont vendus à partir de 20 dollars pièce. Chaque bouteille est accompagnée d’un masque et contient entre 80 et 150 bouffées d’air « de la meilleure qualité au monde ». On peut même choisir entre deux sites de prélèvement, Banff ou lac Louise, dont les appellations sont synonymes à elles seules d’air pur, de forêt primaire et de glaciers. Evidemment, tout le matériel utilisé est recyclable.

Encore un peu étourdis du succès inattendu de leur commerce, Moses Lam et Troy Paquette aiment se rappeler à quel point leurs familles et amis se sont montrés sceptiques à l’idée qu’ils puissent gagner leur vie en « vendant de l’air ».

Aujourd’hui, Moses et Troy en sont à se demander s’ils vont avoir les épaules assez larges pour suivre l’envolée que prend Vitality Air. Mais faute de certitude sur l’avenir, Moses Lam a jugé plus sage pour le moment de conserver son poste d’employé de banque à Edmonton.

Source: rfi

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