Sadiq Khan, nouveau maire de Londres

Sadiq Khan londresLe Royaume-Uni connaîtra vendredi le nom du nouveau maire de Londres ainsi que les résultats d’élections régionales en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord à valeur de test pour le parti d’opposition travailliste de Jeremy Corbyn. Les résultats pour les parlements régionaux écossais et gallois doivent commencer à tomber dans la nuit de jeudi à vendredi, avec les derniers dépouillements attendus entre 6 heures et 7 heures GMT. Ceux de la capitale sont attendus aux alentours de 17 heures GMT, tandis que les résultats d’élections tenues dans 124 autres municipalités s’égrèneront au long de la journée. Les derniers sondages ont donné une avance de plus de dix points au candidat travailliste à la mairie de Londres, Sadiq Khan, 45 ans, fils d’un chauffeur d’autobus pakistanais, sur son principal adversaire, le conservateur et fils de milliardaire Zac Goldsmith, 41 ans.

En cas de victoire, Sadiq Khan, député de Tooting, un quartier populaire du sud de Londres où il a grandi en cité HLM, succédera à l’excentrique conservateur Boris Johnson et deviendra le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale. Ailleurs en Angleterre et dans les autres régions du Royaume-Uni, il est peu probable que le Labour fasse aussi bien qu’à Londres, d’après les derniers sondages. En Écosse, l’un de ses anciens fiefs où il a été laminé aux législatives de 2015, le Labour pourrait ainsi se faire doubler par les conservateurs. Le Parti national écossais (SNP, indépendantiste), au pouvoir dans cette région depuis 2011, espère quant à lui y conforter son emprise afin de réclamer un nouveau référendum sur l’indépendance. Surtout si le Royaume-Uni vote pour une sortie de l’Union européenne, un British Exit ou Brexit, lors du référendum sur cette question le 23 juin – alors que les Écossais veulent rester dans l’Union européenne.
Ukip au parlement régional ?

Au Pays de Galles, le Labour au pouvoir devrait rester le premier parti de l’assemblée mais perdrait des sièges, tandis que le parti anti-immigration et europhobe Ukip pourrait faire son entrée dans un parlement régional. Si les résultats s’avèrent trop mauvais pour le principal parti d’opposition, son leader Jeremy Corbyn pourrait voir son autorité sérieusement remise en cause par une fraction du parti, qui n’a pas digéré de voir ce gauchiste élu à la tête du parti en septembre et l’estime incapable de mener les travaillistes à la victoire aux élections législatives de 2020. Jeremy Corbyn est déjà au coeur d’une tempête après la suspension de plusieurs membres du parti pour des propos jugés antisémites, dont une députée et l’ex-maire de Londres, Ken Livingstone, un de ses proches.

Au cours d’une campagne âpre, voire calomnieuse, le Parti conservateur ne s’est pas gêné pour alimenter la polémique sur l’antisémitisme au sein du Labour ou pour accuser Sadiq Khan, ancien avocat des droits de l’Homme, d’avoir fréquenté des extrémistes islamistes. Ces attaques ont même été relayées par le Premier ministre David Cameron la veille du scrutin encore. Mais certains analystes estiment qu’elles pourraient avoir eu l’effet inverse de celui recherché à Londres, ville cosmopolite par excellence. Tant Sadiq Khan que Zac Goldsmith ont promis de répondre aux problèmes les plus criants de la capitale, dont la population a augmenté de 900 0000 habitants en huit ans pour atteindre 8,6 millions : logements inabordables, transports saturés et pollution. L’une de leurs principales différences concerne le référendum du 23 juin, Zac Goldsmith plaidant pour le Brexit quand son adversaire souhaite à l’instar de son parti le maintien du Royaume-Uni dans l’UE.

Source: LePoint