Meilleures randonnées pour bivouac dans le massif du Saghro

Meilleures randonnées pour bivouac dans le massif du Saghro

Le massif du Saghro se dresse comme un géant de pierre ocre au cœur du sud-est marocain, entre les vallées verdoyantes du Dadès et les immensités arides du désert. Ce territoire volcanique aux formations géologiques spectaculaires offre aux randonneurs une expérience unique, où le minéral règne en maître absolu. Loin des sentiers touristiques du Toubkal, le Saghro révèle une authenticité brute qui séduit ceux qui recherchent l’aventure sauvage et les nuits sous les étoiles. 🌟

Les plateaux désertiques, les gorges profondes et les crêtes dentelées composent un décor théâtral où chaque bivouac devient un moment suspendu hors du temps. La lumière rasante du matin transforme les roches volcaniques en cathédrales pourpres, tandis que la nuit dévoile un ciel d’une pureté rarissime. Pour les amateurs de trekking authentique, ce massif représente l’une des plus belles destinations du Maroc, accessible une grande partie de l’année et offrant des itinéraires variés adaptés à différents niveaux.

Partir bivouaquer dans le Saghro, c’est accepter de ralentir, de porter son autonomie sur le dos et de composer avec un environnement exigeant mais profondément ressourçant. Les rencontres avec les bergers berbères, la traversée de villages en pisé perchés sur les flancs de montagnes, et la contemplation silencieuse des paysages lunaires forment l’essence même de cette aventure.

Pourquoi choisir le massif du Saghro pour bivouaquer

Le Saghro se distingue des autres massifs marocains par son caractère semi-désertique et son altitude modérée. Culminant à 2592 mètres au sommet d’Amalou n’Mansour, il offre des trekkings techniques sans nécessiter d’acclimatation poussée. Cette accessibilité relative n’enlève rien à la beauté sauvage des lieux, bien au contraire.

La période idéale s’étend d’octobre à mai, quand les températures deviennent supportables en journée et que les nuits fraîches rendent le bivouac confortable. En hiver, entre décembre et février, les températures nocturnes peuvent descendre jusqu’à -5°C, ajoutant une dimension aventureuse à l’expérience. Le printemps apporte parfois de rares pluies qui font éclore une végétation éphémère, transformant temporairement certains vallons en oasis verdoyantes.

L’isolement constitue l’autre atout majeur du Saghro. Contrairement aux vallées de l’Atlas central, vous croiserez peu de randonneurs, ce qui garantit une immersion totale dans la nature. Les nuits sous tente offrent un silence profond, uniquement troublé par le vent dans les rochers ou les cris lointains des renards du désert. Cette solitude n’est jamais totale grâce à la présence bienveillante des populations berbères qui habitent les villages isolés.

La traversée classique de Bab n’Ali à N’Kob

Cette randonnée mythique de 5 à 6 jours traverse le massif d’ouest en est et représente le trek emblématique du Saghro. Le départ se fait généralement à Bab n’Ali, un petit village accessible depuis Boumalne Dadès, pour rejoindre N’Kob aux portes du désert. L’itinéraire serpente entre plateaux caillouteux, gorges étroites et passages rocheux où les mains deviennent nécessaires.

Le premier jour conduit vers les hauteurs à travers des pentes raides couvertes de pierres volcaniques. Les genévriers thurifères, arbres millénaires tordus par le vent, ponctuent le paysage de leur silhouette dramatique. Le premier bivouac s’installe souvent près du village de Tagmout, où l’accueil berbère se matérialise parfois par un thé à la menthe partagé avec les habitants. La nuit tombée, le ciel se transforme en planétarium naturel d’une intensité incomparable.

Les jours suivants alternent montées progressives vers les cols et descentes dans des vallées encaissées. Le passage du col de Tizi n’Tazazert à 2300 mètres offre un panorama à couper le souffle sur les crêtes déchiquetées qui s’étendent à l’infini. Les formations géologiques évoquent tantôt des orgues basaltiques, tantôt des doigts de pierre dressés vers le ciel. Chaque bivouac devient un événement en soi, avec le rituel de montage de la tente, la préparation du repas et les conversations autour du feu. 🏕️

La dernière partie du trek descend progressivement vers les palmeraies de N’Kob, offrant une transition graduelle entre la montagne minérale et les premières dunes du Sahara. Cette traversée complète exige une bonne condition physique et une autonomie totale ou le recours à un muletier local pour porter l’équipement.

Les variantes et raccourcis possibles

Pour ceux qui disposent de moins de temps, plusieurs variantes de 3 à 4 jours permettent de découvrir les plus beaux secteurs. La boucle depuis Handour vers Kouaouch offre un concentré de paysages spectaculaires sans l’engagement d’une grande traversée. Le circuit depuis Ikalane vers les gorges d’Imider combine randonnée en montagne et exploration de canyons impressionnants.

Ces itinéraires plus courts permettent de bivouaquer dans des sites exceptionnels comme les plateaux rocheux dominant les vallées, où le lever du soleil embrase littéralement les parois de grès. La flexibilité de ces parcours autorise également des prolongations improvisées en fonction de la météo et de l’état de forme du groupe.

Le tour du Jbel Kouaouch en 3 jours

Cette boucle accessible mais exigeante part du village de Handour et contourne le massif imposant du Kouaouch, point culminant local à 2592 mètres. L’itinéraire combine passages techniques, plateaux désertiques et rencontres avec les nomades qui font paître leurs troupeaux de chèvres sur ces terres arides.

Le premier jour grimpe progressivement vers les hauts plateaux à travers un dédale de rochers aux formes fantastiques. Les cheminées de fée et les pitons rocheux créent un décor de science-fiction naturelle qui fascine les photographes. Le bivouac du premier soir s’installe généralement dans une cuvette protégée du vent, où l’on profite du coucher de soleil qui transforme les montagnes en ombres chinoises.

La deuxième journée représente l’étape reine avec le passage du col donnant sur le versant nord. Les vues plongeantes sur les vallées cultivées en contrebas contrastent magnifiquement avec l’aridité des hauteurs. Ce jour-là, le bivouac peut s’établir près d’une source éphémère, rare trésor qui attire oiseaux et mammifères sauvages au crépuscule.

Le retour vers Handour le troisième jour suit des sentiers muletiers ancestraux qui relient les villages isolés. Ces chemins pavés de pierres plates témoignent du savoir-faire traditionnel des habitants qui ont domestiqué ce territoire hostile. La descente finale offre une perspective unique sur l’ensemble du massif parcouru.

L’équipement spécifique pour ce circuit

Cette randonnée nécessite un matériel adapté aux conditions désertiques et aux nuits fraîches :

  • Tente 4 saisons capable de résister aux vents violents qui balaient les crêtes
  • Sac de couchage confort -10°C pour affronter les nuits hivernales
  • Matelas isolant épais pour se protéger du froid du sol rocailleux
  • Chaussures de randonnée montantes avec semelles adhérentes pour les passages rocheux
  • Système de purification d’eau car les sources sont rares et parfois saumâtres
  • Réchaud fiable et réserve de gaz suffisante
  • Protection solaire intégrale : crème SPF50+, chapeau, lunettes catégorie 4
  • Vêtements techniques en couches pour gérer les amplitudes thermiques importantes
  • Frontale puissante avec batteries de rechange
  • Carte topographique et GPS, la signalisation étant quasi inexistante

La gestion de l’eau constitue le défi principal avec une consommation de 3 à 4 litres par personne et par jour. Renseignez-vous auprès des guides locaux sur les points d’eau fiables avant le départ. 💧

L’ascension du Jbel Saghro par Igli

Pour les randonneurs cherchant une aventure plus engagée, l’ascension du Jbel Saghro (Amalou n’Mansour) depuis le village d’Igli représente un objectif technique et gratifiant. Ce sommet à 2592 mètres offre un panorama exceptionnel sur l’ensemble du massif et, par temps clair, jusqu’aux premiers contreforts du Sahara.

L’approche commence par une marche d’acclimatation à travers les hauts plateaux parsemés de genévriers. Le premier bivouac s’établit au pied du massif sommital, dans une zone protégée où les bergers installent parfois leurs campements d’été. La nuit y est particulièrement étoilée, loin de toute pollution lumineuse.

L’ascension finale démarre avant l’aube pour profiter de la fraîcheur matinale et atteindre le sommet au lever du soleil. Le sentier escarpé nécessite l’usage fréquent des mains et une bonne aisance sur terrain rocheux. Au sommet, la récompense est totale : un océan de pierres volcaniques s’étend dans toutes les directions, ponctué de vallées verdoyantes qui serpentent comme des veines de vie.

La redescente permet d’explorer d’autres vallées et de bivouaquer dans des sites différents, créant ainsi une boucle de 4 à 5 jours particulièrement enrichissante. Cette randonnée exige une excellente condition physique et une expérience préalable du bivouac en montagne.

Les gorges d’Oussilkane et leur canyon secret

Moins connues que les grandes traversées, les gorges d’Oussilkane offrent une expérience de bivouac intimiste dans un canyon spectaculaire aux parois de grès rouge. Cette randonnée de 2 à 3 jours convient parfaitement à ceux qui découvrent le Saghro ou préfèrent l’exploration de petits secteurs en profondeur.

Le départ depuis le village d’Oussilkane plonge rapidement dans un dédale de canyons où la végétation devient étonnamment dense grâce à la présence d’eau permanente. Les lauriers-roses sauvages explosent de couleur au printemps, créant un contraste saisissant avec les falaises minérales. Le bivouac au cœur des gorges procure une sensation d’isolement total, les parois rocheuses créant une intimité rare.

La remontée du canyon principal révèle des passages étroits où il faut parfois se faufiler, ajoutant une dimension ludique à la randonnée. Les vasques naturelles conservent l’eau des pluies et permettent parfois une baignade rafraîchissante, luxe inespéré dans ce désert de pierre. Les nuits résonnent du chant des grenouilles et du bruissement des chauves-souris qui chassent les insectes.

Cette randonnée se combine idéalement avec l’exploration des villages environnants, où l’architecture traditionnelle en pisé se fond harmonieusement dans le paysage. Les habitants perpétuent un mode de vie agropastoral millénaire, cultivant de minuscules parcelles irriguées et élevant des troupeaux de chèvres particulièrement rustiques. 🐐

Les rencontres culturelles en chemin

Le Saghro demeure le territoire des Aït Atta, confédération berbère dont l’histoire est jalonnée de récits épiques. Les villages perchés sur les promontoires rocheux témoignent d’un patrimoine architectural remarquable adapté aux contraintes du terrain. Les kasbahs fortifiées, les greniers collectifs (igoudar) et les systèmes d’irrigation ingénieux fascinent autant que les paysages naturels.

Lors des bivouacs près des villages, il n’est pas rare d’être invité à partager le thé avec les habitants. Ces moments d’échange permettent de comprendre les défis du quotidien dans ces régions isolées et d’apprécier la générosité légendaire des Berbères. Le respect des coutumes locales, notamment en matière de tenue vestimentaire et de comportement, facilite grandement ces rencontres enrichissantes.

Préparer son trek et choisir la bonne période

La préparation d’un bivouac dans le Saghro nécessite une planification minutieuse, surtout si vous partez en autonomie complète. La consultation des conditions météorologiques reste primordiale, même si le climat désertique offre généralement une grande stabilité. Les orages d’été, bien que rares, peuvent transformer les oueds asséchés en torrents dangereux en quelques minutes.

L’entraînement physique doit commencer plusieurs mois avant le départ, en privilégiant les sorties longues avec charge pour habituer le corps au port du sac sur terrain accidenté. Une randonnée dans le Saghro implique de porter entre 12 et 18 kg selon le degré d’autonomie choisi, poids qui se fait sentir sur les terrains rocheux et les montées raides.

Le choix entre autonomie totale et accompagnement par un guide local dépend de votre expérience. Un guide berbère apporte non seulement sa connaissance parfaite du terrain et des points d’eau, mais aussi une dimension culturelle irremplaçable à travers les explications sur la géologie, la faune, la flore et les traditions locales. Les muletiers peuvent porter l’essentiel de l’équipement, permettant de marcher léger et d’apprécier pleinement les paysages.

Les formalités administratives restent simples pour les ressortissants européens avec un simple passeport valide. En revanche, l’assurance rapatriement constitue une absolue nécessité vu l’éloignement et l’absence de structures médicales dans le massif. Vérifiez que votre contrat couvre explicitement les activités de trekking en zone isolée.

Pour rejoindre le Saghro, la plupart des randonneurs transitent par Ouarzazate, bien desservie depuis Marrakech par route ou par les airs. De là, des taxis collectifs ou des transferts privés permettent d’atteindre les villages de départ des treks. Prévoir une journée tampon avant et après la randonnée permet de gérer les aléas de transport et de découvrir les magnifiques kasbahs de la région. ✨

FAQ – randonnée dans le Saghro

quelle est la meilleure période pour randonner dans le Saghro ?

D’octobre à mai représente la période idéale, avec une préférence pour mars-avril et octobre-novembre quand les températures sont les plus agréables. L’hiver (décembre-février) convient aux randonneurs aguerris acceptant le froid nocturne, tandis que l’été est déconseillé en raison de la chaleur écrasante qui dépasse régulièrement 40°C.

peut-on bivouaquer librement dans le massif du Saghro ?

Oui, le bivouac sauvage est autorisé et fait partie de la culture du trekking au Maroc. Privilégiez les emplacements discrets à distance des villages, ne laissez aucune trace de votre passage et respectez les zones de cultures et d’élevage. Près des villages, demandez toujours l’autorisation aux habitants qui vous orienteront vers les meilleurs spots.

faut-il obligatoirement un guide pour randonner dans le Saghro ?

Non, ce n’est pas obligatoire pour des randonneurs expérimentés équipés de GPS et de cartes topographiques. Cependant, un guide local enrichit considérablement l’expérience par sa connaissance du terrain, des points d’eau et de la culture berbère. Pour un premier trek au Maroc, l’accompagnement est fortement recommandé.

quel budget prévoir pour une semaine de trek ?

Comptez entre 400 et 800 euros par personne selon le niveau de confort et d’accompagnement choisi. Ce budget inclut les transferts depuis Ouarzazate, les services d’un guide et d’un muletier, la location éventuelle de matériel et la nourriture. L’option autonomie totale réduit significativement ces coûts mais nécessite d’acheminer tout le matériel depuis l’Europe.