La construction écologique révolutionne l’immobilier

Longtemps l’apanage de quelques initiés, la construction écologique sort de l’ombre pour passer au premier plan de l’actualité. Effet de mode, poudre aux yeux ou réelle prise de conscience ? Parfois, les mots sont trompeurs. Petit état des lieux de la question en France.

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Un immeuble socio-écologique à Genève

Lenjeu du secteur du bâtiment est primordial dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (il en représente 18 %) et dans le domaine de la maîtrise des consommations énergétiques (46 %). Après sa construction, un bâtiment, quel qu’il soit (immeuble, petit collectif, maison individuelle, bureau…), consomme de l’énergie pour chauffer, rafraîchir ou éclairer ses occupants, utilise de l’eau propre et la rejette souillée, utilise un espace de terre et fait partie du paysage, détermine des déplacements et des formes de rapports sociaux.

Bref, le bâtiment d’aujourd’hui fera le monde de demain. Le secteur du bâtiment français connaît ces dernières années sa plus forte croissance depuis vingt-cinq ans, avec 430 000 mises en chantier pour l’année 2006 (410 000 en 2005, et 360 000 en 2004), mais trop peu peuvent s’enorgueillir d’être écologiques et humains. D’ailleurs, dans le maquis des nouvelles appellations : HQE, écologique, naturel, passif… comment s’y retrouver ?

Les spécialistes, les architectes et les bureaux d’études haute qualité environnementale (HQE) fleurissent partout. Il s’agit d’une démarche, typiquement française, portée par l’association éponyme dans laquelle se retrouvent, entre autres, les industriels des laines minérales, du ciment et de l’acier. Beaucoup d’entre eux ont un besoin vital par les temps qui courent de se faire une nouvelle « verteginité », ce qui amène bien sûr à la question suivante : « La HQE est-elle vraiment environnementale ? ».

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Coût en énergie par materiau

La réponse est « oui » si le chantier respecte tous les critères de la démarche (répertoriés en quatorze cibles), mais « non » s’il ne répond qu’à certains, comme dans la majeure partie des cas. En fait, il n’y a pas d’obligation de résultat, et trop peu de préoccupations quant à l’efficacité énergétique. Par exemple, un immeuble en béton armé, isolé en mousse de polyuréthanne avec des huisseries en PVC, d’une performance énergétique moyenne, peut être HQE… si, sur le chantier, les déchets ont été triés, si la peinture répond à la norme « NF Environnement », si l’eau de pluie est récupérée pour laver les voitures et s’il y a un peu de verdure devant. En bref, la HQE n’apporte pas une garantie environnementale complète.

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