K2 , forteresse imprenable en hiver

Le deuxième plus haut sommet du monde (8 611 m) a fait reculer l’équipe d’alpinistes polonais venus pour être les premiers à le gravir en hiver. Aussi, le K2 reste une forteresse imprenable à cette saison. «Le K2, c’est ce qu’il y a de plus difficile», affirme Krzysztof Wielicki, 68 ans, le chef de l’expédition polonaise venue au Pakistan pour devenir la première à triompher de la “montagne sans pitié” à cette saison. Et celui qui supervisait l’aventure depuis le camp de base d’affirmer, devant la presse, vendredi soir, après le renoncement du collectif expérimente : «Le pire temps, c’est sur le K2.»

Perché à 8611 mètres d’altitude, «la montagne sauvage», le deuxième plus haut sommet au monde derrière l’Everest (8.848 m), ne s’était jamais laissée conquérir en hiver, quand les conditions climatiques atteignent leur paroxysme.

Malgré leur pedigree, leur courage, et les centaines de milliers d’euros investis dans l’aventure, les treize alpinistes ayant tenté son ascension sont repartis bredouilles. A la manœuvre, Krzysztof Wielicki est pourtant détenteur de la «couronne», un titre accordé à ceux qui ont gravi les 14 sommets de plus de 8.000 mètres.

Ses deux meilleurs atouts, le Russo-Polonais Denis Urubko et le Polonais Adam Bielecki sont aussi très expérimentés. Urubko, 44 ans, a également coiffé tous les «8.000». Ses pairs le classent «parmi les cinq légendes de l’alpinisme en activité». Bielecki, 34 ans, a déjà vaincu le K2, mais en été.

Des rafales de vents pouvant atteindre 400 km/h
Arrivés en décembre dernier au Pakistan, l’expédition, aidée par une centaine de porteurs, parvient en janvier au deuxième camp, situé à 5.400 mètres d’altitude. Puis elle se heurte à l’hostilité du K2.

«La montagne sauvage» a été domptée pour la première fois en 1954, une année après l’Everest. Depuis lors, 306 personnes ont atteint son sommet. Et 80 en sont mortes, selon le site internet 8000ers. Soit plus d’un décès pour quatre ascensions victorieuses. Par comparaison, «le toit du monde», bien moins difficile techniquement, a vu 3.700 grimpeurs atteindre son faîte.

Le K2 est connu pour sa très rude météo. Dans le massif des Karakoram, auquel il appartient, les vents sont près de deux fois plus forts que dans l’Himalaya voisin et peuvent atteindre 400 km/h. Largement de quoi souffler un grimpeur, même encordé. Les températures chutent parfois à – 40 degrés.

S’ajoute ensuite l’élément humain, prépondérant. Fin janvier, Denis Urubko et Adam Bielecki sont héliportés en toute hâte vers le Nanga Parbat (8.126 m), un autre sommet pakistanais, à la rescousse de deux autres alpinistes, Elisabeth Revol et Tomek Mackiewicz.

Au terme d’un sauvetage homérique et fortement médiatisé, la Française sera sauvée. Le Polonais Mackiewicz devra être abandonné à son destin, un choix terrible qu’Urubko a raconté récemment.

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