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Business au Qatar et politique avec Sarkozy

sarkozy-argent-qatarAnalyse tirée du journal Le Monde du 11 mars 2013 dans laquelle j’apporte des compléments d’information sur le fonds d’investissement du Qatar : “Ce n’est pas parce qu’il est ancien président de la République qu’il est voué à devenir trappiste.” Claude Guéant, l’ancien secrétaire général de l’Elysée, a défendu, dimanche 10 mars sur France Inter, les ambitions de Nicolas Sarkozy. Mais, entre la politique et l’argent, l’ancien président, âgé de 58 ans et replié dans ses locaux de la rue Miromesnil à Paris, peine à choisir. La planète médiatique s’en mêle.
Jeudi, Nicolas Sarkozy s’est présenté en recours pour sauver la France du naufrage dans un entretien non assumé à l’hebdomadaire de droite Valeurs actuelles. L’affaire fait un flop, et deux jours plus tard, le quotidien britannique Financial Times lui prédit un avenir dans le business. Dans un article du 9 mars, cosigné par son directeur de la rédaction Lionel Barber, le FT explique que le Qatar a proposé à l’ancien chef d’Etat d’apporter 500 millions d’euros dans un fonds qui investirait en Espagne, au Maroc et au Brésil.
Bref, les pays où Nicolas Sarkozy se sent bien : l’Espagne, où il a l’amitié de l’ancien premier ministre conservateur José Maria Aznar et les réseaux de son ami Alain Minc ; le royaume du Maroc, son lieu de villégiature ; le Brésil, le pays de l’ancien président Lula et du père naturel de sa femme, Carla Bruni.

“Il reçoit beaucoup de propositions, mais il n’en a tranché aucune”, confirme l’entourage de Nicolas Sarkozy, qui lâche que le quotidien des affaires de la City essaie depuis des mois d’écrire un article sur le sujet. Cette fois-ci serait-elle la bonne ? Nicolas Sarkozy n’aurait pas un rôle opérationnel, mais serait apporteur d’affaires, un homme de contacts. Son ancien conseiller Alain Minc indique que “Nicolas Sarkozy n’a rien décidé et, de toute façon, il n’a pas que la possibilité indiquée par le Financial Times”. Selon lui, “l’article est erroné en ce qu’il se concentre exclusivement sur le Qatar”.
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Soft power – Qatar

qatar-islamLe podcast de l’émission “Soft Power” de dimanche 10 mars diffusée à 19h sur France Culture. L’un des sujets traitait du Qatar. Avec Pierre Haski de Rue 89. En seconde partie: L’accélérateur, Structure dédiée à la formation et au succès des start-up numériques Avec : Michel Guilhermier, président de L’accélérateur En troisième partie: L’influence du Qatar en France  Avec : – Nabil Ennasri, spécialiste du Qatar- Olivier Da Lage, journaliste à RFI

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Débat sur Mediapart: entre Nabil Ennasri et Karim Sader

enigme-qatar-livreLe Qatar est-il un simple sous-traitant des États-Unis ? Quel est son projet politique ? Comment comprendre la relation entre Paris et Doha ? Pourquoi a-t-il fait venir David Beckham au PSG ?Diplômé de sciences politiques à Aix-en-Provence, Nabil Ennasri vient de publier L’Énigme du Qatar (Iris/Armand Colin), premier ouvrage qui tente de résumer le projet du petit émirat si puissant, soumis pourtant à un régime autoritaire qui n’a pas rien à envier aux autres pays de la région. Nous l’avons invité à débattre avec Karim Sader, politologue et consultant sur les pays du golfe Persique, contributeur du dernier numéro de la revue Confluences Méditerranée, intitulé « Qatar : jusqu’où ? ».
Nabil Ennasri, vous faites plusieurs fois référence dans votre livre à un « printemps de Doha ». Or au Qatar, le poète Mohammed Al Alajmi est emprisonné pour « incitation au renversement » et « insulte à l’émir » –  sa peine vient d’être réduite à 15 ans par la cour d’appel de Doha. Est-ce vraiment un « printemps »?
Nabil Ennasri. Le « printemps de Doha », si tant est qu’il ait existé, et que je mets d’ailleurs entre guillemets, je le situe à partir de la fin des années 1990 : plusieurs consultations électorales sont alors menées au Qatar, et en 2004, la constitution est adoptée par référendum. Pour la première fois, les femmes ont le droit de voter et sont éligibles. Le Qatar est le premier pays du Golfe à avoir instauré cette ouverture. Il n’en reste pas moins que le régime qatari, à l’image des autres pays du Golfe, reste un régime autoritaire, comme le montre l’emprisonnement du poète. De ce point de vue, le Qatar a de plus en plus de mal à se différencier des pays voisins, puisque l’on voit depuis dix ans, au Koweït notamment, cette volonté de s’arrimer au courant libéral qui traverse le monde arabe.
Cette région est cependant très loin de se hisser au niveau des standards internationaux en termes de droits de l’homme. Reporters sans frontières a classé le Qatar à la 110e position sur près de 180 pays. Pour un pays qui se targue d’être le chantre de la liberté d’expression, notamment via Al Jazira, il y a encore beaucoup d’efforts à fournir.
Karim Sader. Le raisonnement qui consiste à comparer le Qatar avec ses voisins pour minimiser sa part d’autocratie ne me paraît pas pertinent. S’il y a un État dans la région à citer en matière d’avant-gardisme démocratique, c’est le Koweït, premier État à avoir installé une véritable vie parlementaire, avec des élections ouvertes aux femmes. Certes, le Qatar pratique un wahhabisme plus soft que l’Arabie saoudite, mais quand vous avez 220 000 autochtones, votre situation est plus favorable que lorsque vous devez faire face à plusieurs millions d’habitants qui souffrent du manque de redistribution de la manne pétrolière.
Autre facteur important : quand vous êtes coincé entre l’Arabie saoudite et l’Iran, votre première priorité n’est pas la démocratie, c’est la sécurité et le sentiment de fierté nationale. Ils sont fiers de ce que fait l’émir, qui les fait exister sur la scène internationale. Quantité de sondages l’ont montré, notamment en 2011, au plus fort du soulèvement arabe. De la même manière, et je le regrette, la cause du poète ne sensibilise pas beaucoup les Qataris, qui ont très peur de tout élément qui pourrait déstabiliser le pays. Le Qatar n’est pas une démocratie. D’ailleurs, les élections législatives ont été reportées à deux reprises, et on les attend toujours. Il n’y a pas de vie politique qatarie, aux dernières élections municipales, les partis politiques étaient interdits. Et lorsque l’émir a ajourné en 2011 les élections, la presse s’est mobilisée à ses côtés pour justifier sa décision. Il n’y a pas de grande voix dissidente.
Nabil Ennasri. Je suis d’accord avec Karim. Tout de même, une remarque. La condamnation du poète a été couverte par Al Jazira English, qui a invité un activiste des droits de l’homme pour condamner ce procès. De même, lors du premier procès en novembre 2012, Al Jazira arabe cette fois-ci avait donné la parole au représentant syrien à l’ONU, au journal de 13 heures. Il a critiqué le Qatar, qui est pourtant très opposé au régime syrien.
Le Qatar demeure un régime autoritaire, pour une raison simple : quand, dans une démarche clientéliste, on satisfait aux besoins de la population, quand le revenu par habitant est le plus élevé au monde, peu de gens sont motivés pour changer les choses.
L’un des paradoxes de la politique étrangère du Qatar, qui renvoie à la conception de la démocratie du régime, c’est la dichotomie entre la révolution libyenne, largement financée par le Qatar au nom de la liberté, et l’écrasement de la révolte à Bahreïn, où le Qatar est venu en appui de l’Arabie saoudite. Quels sont les ressorts de ce paradoxe ?
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L'énigme du Qatar [Vidéo]

qatar-dohaLe Qatar occupe une place à part sur l’échiquier du Moyen-Orient. Micro-monarchie hier inconnue du grand public, l’émirat jouit aujourd’hui d’un rayonnement international inversement proportionnel à la superficie de son territoire. Ce dynamisme impressionne et suscite beaucoup d’interrogations.  Comment une monarchie semi-autoritaire peut-elle se présenter comme une force progressiste acquise aux élans démocratiques du « Printemps arabe » ? D’où vient cette obsession de reconnaissance de la part des dirigeants d’un pays qui, du sport aux médias, ne négligent aucun domaine pour satisfaire leur désir d’influence ? Jusqu’où ira cet État gazier dont les réserves financières alimentent un fonds d’investissement considéré comme l’un des plus actifs au monde ?
Grille de lecture pour décrypter les ressorts de l’activisme d’un État devenu une puissance émergente du monde arabe, cet essai a pour ambition de défaire les idées reçues sur le Qatar et de dépassionner un sujet souvent abordé de manière polémique et caricaturale dans le débat public français.  Découvrez la vidéo explicative de la sortie à l’occasion de la parution de “L’énigme du Qatar” par Nabil Ennasri (spécialiste du Qatar). En collaboration avec l’institut IRIS :

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Cristiano Ronaldo au PSG

Cristiano Ronaldo qatarLa semaine qui vient de s’écouler a eu sa part de clasicos comme rarement le monde du football a pu en concentrer en si peu de temps. En l’espace de quelques jours, deux doubles confrontations ont tenu en haleine les amoureux du ballon rond. D’abord entre les mythiques clubs du Real Madrid et du FC Barcelone et, dans un registre moins relevé, entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille.
Le point commun entre ces différentes rencontres porte un nom : Qatar. Propriétaire du club parisien, l’émirat était aussi présent sur la tenue du FC Barcelone. Les téléspectateurs du monde arabe et le public français ont pu apprécier le spectacle des deux stars du football mondial, Messi et Cristiano Ronaldo, sur les écrans d’Al Jazira Sport et de sa filiale hexagonale, BeIn sport.
Cette présence grandissante de l’émirat gazier au cœur du football européen pourrait s’accentuer à partir de la saison prochaine. Plusieurs raisons convergent pour faire de l’hypothèse d’un transfert du joueur portugais Cristiano Ronaldo, un scénario qui ne relève pas que de l’imagination.
Faire du PSG le club le plus fleurissant du monde
On ne le répétera jamais assez mais il faut constamment avoir à l’esprit que le sport est, pour paraphrase le chercheur Pascal Boniface, “la continuation de la géopolitique”. Dans ce cadre, il est de plus en plus utilisé comme instrument de puissance et outil de prestige. C’est à la lumière de cet horizon qu’il faut replacer l’investissement du Qatar dans le sport en général et le football en particulier.
Considéré comme le sport-roi, ce dernier a toutes les faveurs des autorités du pays. Depuis plus d’une décennie, un plan stratégique en cinq axes a été mis en place au cœur duquel le PSG doit faire office de vitrine mondiale. Ce projet sportif est soutenu par une ligne budgétaire quasi-illimitée dont l’ordre de mission n’est rien d’autre que de faire du PSG la formation la plus florissante et la plus compétitive de la planète.
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Le Qatar sur la scène internationale

qatar-drapeauLe minuscule mais richissime émirat gazier du golfe Persique joue les grands sur la scène internationale. Exister coûte que coûte. Tel pourrait être la devise du Qatar. Tant ce minuscule émirat gazier du golfe Persique est opiniâtre à s’élever parmi les grandes puissances. Tant les colossaux revenus tirés de ses précieuses réserves de gaz naturel le lui permettent. Le nom du Qatar est aujourd’hui de notoriété mondiale. Sa stature et son influence sont inversement proportionnelles à la taille de son territoire et de sa population. Depuis le milieu des années 90, le Qatar compense cette double faiblesse structurelle par une diplomatie particulièrement active, qui s’est récemment illustrée dans la résolution de conflits. Les révolutions arabes lui ont, de ce point de vue, offert des opportunités aussi uniques qu’intéressantes.
Partie prenante de l’opération militaire internationale en Libye, soutien en coulisses des insurgés syriens, le richissime émirat est aussi présent au Mali, mais via ses puissantes organisations caritatives.
Champion absolu du soft power, le Qatar y voit une manière d’étendre son influence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, au moment où les cartes géopolitiques y sont rebattues. Une influence qui prend des contours politiques, économiques et idéologiques.
Cet expansionnisme n’est pas neuf. Depuis l’arrivée au pouvoir du cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, en 1995, le Qatar s’est lancé dans une conquête du monde qui semble sans limite, à la démesure de ses moyens financiers. Les exportations de gaz lui ont rapporté plus de 50 milliards de dollars en 2011. Un pactole récurrent et surtout très régulier pour les autorités qataries, les prix du gaz étant stables, contrairement à ceux du pétrole.
“Le Qatar fait comme n’importe quel pays du monde, il essaie de défendre ses intérêts. Dans ce cadre, il tente d’accroître son influence par le biais de ces leviers d’action que sont notamment sa richesse financière et sa chaîne de télévision. A l’égard du monde arabe, il a fait ce calcul que les formations de l’islam politique issus de la matrice des Frères musulmans remportaient les élections à chaque fois que le peuple avait l’occasion de s’exprimer librement. C’est en particulier le cas en Tunisie et en Egypte” , souligne Nabil Ennasri, chercheur et auteur de “L’énigme du Qatar”.
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15 ans de prison pour le poète qatari

qatar-poemeLa condamnation en seconde instance du poète qatari Mohamed Ibn al Dhib al Ajami à 15 ans d’emprisonnement a fait l’objet d’une large couverture. Nombreux sont ceux qui s’interrogent, à juste titre, sur les ambivalences d’un régime qui s’érige en porte-voix des aspirations démocratiques dans le monde arabe tout en bâillonnant, à l’intérieur, les voix discordantes. Plusieurs leçons peuvent être tirées de cet épisode qui écorne l’image du Qatar et en dit beaucoup sur la nature du régime et sur le peu de considération que les pays occidentaux accordent au respect des droits de l’homme dans leurs relations avec les pétromonarchies.
Il est avéré qu’il n’y a pas au Qatar le même degré d’expression démocratique que dans d’autres pays du monde. Il y a un certain nombre de tabous révélateurs d’une forme de conservatisme de la société et l’intégrité de la famille royale en fait partie. C’est un sujet auquel il ne faut pas s’attaquer. Cela dit, ces limites ne peuvent être le prétexte à des condamnations abusives. En ce sens, le verdict sur l’affaire du poète est plus qu’une erreur, c’est une faute politique.
Souvent décrié pour son rôle grandissant dans les phases de transition que connaissent les pays de la région suite au bouleversement politique consécutif au « Printemps arabe »,  l’émirat affiche une nouvelle fois une forme de contradiction qui suscite beaucoup de réactions. De nombreux efforts restent à fournir afin de se rapprocher des standards internationaux, notamment en matière de respect des libertés fondamentales. Même dans le domaine de la liberté de la presse, le pays d’Al Jazeera est encore loin de faire figure de bon élève. Dans le dernier classement de Reporter sans frontières, le Qatar arrive en 110e position. Même s’il gagne 4 places par rapport au classement précédent, il arrive au 4e rang du monde arabe loin derrière les Comores, le Koweït et le Liban.
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L'affaire du poète qatari en prison

Ibn al-Dhib -qatarNous relayons l’article du site lepoint.fr dans lequel nous apportons des éclairages au sujet du verdict sur la condamnation du poète qatari. Publié le 28/02/2013. Le richissime émirat du Golfe vient de condamner à 15 ans de prison un poète qatari pour avoir critiqué la famille régnante. Pour l’exemple.
Par
On peut encourager les révoltes du Printemps arabe et tout faire pour que le mouvement de contestation n’atteigne pas son territoire. Ce curieux paradoxe est illustré à merveille par le Qatar. Le richissime émirat gazier du Golfe vient de condamner à quinze ans de prison un poète qatari pour avoir écrit une oeuvre sur le Printemps arabe. Dans son “poème du Jasmin” récité en août 2010, Mohammed Al-Ajami, plus connu sous la plume de Ibn al-Dhib, rend hommage à l’opposant historique tunisien Rached Ghannouchi, de retour dans son pays après un exil de vingt ans à Londres. Son parti islamiste, Ennahda, remportera deux mois plus tard les premières élections organisées après la chute de l’ancien président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali.
Prononcé devant plusieurs de ses amis dans un appartement du Caire, où l’artiste étudie la littérature arabe, le poème hisse la révolution du Jasmin au rang d’exemple. Ibn al-Dhib y exprime l’espoir que le vent de révolte né en Tunisie touche à leur tour les monarchies arabes du Golfe. Sans évoquer directement le Qatar, il lance toutefois : “Nous somme tous la Tunisie face à une élite répressive.” Et l’artiste d’ajouter : “J’espère que viendra bientôt le tour des pays dont le dirigeant s’appuie sur les forces américaines.” Une allusion à peine voilée à son pays, qui abrite depuis 2002 des soldats américains sur la base aérienne d’Al-Eideïd.

Un émir depuis 1995

Filmée et diffusée sur YouTube, la scène suscite l’ire de l’émir Hamad bin Khalifa al-Thani, qui tient le pays depuis qu’il a destitué son père en 1995. “Il y a au Qatar un certain nombre de tabous révélateurs d’une forme de conservatisme de la société, et l’intégrité de la famille royale en fait partie”, explique au Point.fr Nabil Ennasri (*), doctorant spécialisé sur le Qatar à l’université d’Aix en Provence. “C’est un sujet auquel il ne faut pas s’attaquer.”
Arrêté en novembre 2011, Ibn al-Dhib est placé en confinement solitaire pendant plusieurs mois, selon son avocat, Nadjib al-Naimi, ancien ministre de la Justice de l’émirat. Son procès, auquel il n’est même pas autorisé à assister, a lieu un an plus tard. La peine est des plus sévères : le poète qatari est condamné à la prison à vie pour “atteinte aux symboles de l’État et incitation à renverser le pouvoir”. Pourtant, d’après son avocat, aucune preuve n’a démontré que le poème a été récité en public.
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Qatar-bashing

qatar-imageCette Tribune a initialement été publiée sur le site du Plus-Nouvel observateur. Elle permet de faire le tri entre les accusations légitimes à l’endroit du Qatar de celles, totalement fantaisistes, qui ne sont que le reflet de règlements de compte aux ressorts bien sombres. Il y a tellement de griefs solides à l’égard du Qatar que passer par le mensonge pour dénigrer ce pays est la marque d’une flagrante inconsistance intellectuelle…
Depuis plusieurs mois, pas un jour ne passe sans que ne sorte un dossier de presse, une émission ou un reportage sur le Qatar et ses zones d’ombre. “Qatargate”, soutien aux groupuscules jihadistes du Nord-Mali, fonds pour les banlieues, etc., l’Émirat dérange, sème le trouble et inquiète. Machine à fantasmes, il est désormais dans l’œil du cyclone médiatique.
Mais le faisceau des accusations qui l’accablent abrite des postures très diverses. Afin de faire la part des choses, il est urgent de distinguer les critiques légitimes servant des causes universelles des élucubrations mensongères construites au bénéfice d’intérêts très particuliers.
Le Qatar n’est pas au-dessus de tout soupçon
Ni la diplomatie ni la politique intérieure de l’Émirat ne sont au-dessus de tout soupçon et les griefs parfaitement solides à son encontre ne manquent pas.
La situation lamentable de la main d’œuvre immigrée asiatique en est le tout premier exemple et, loin de s’améliorer, elle ne fait que creuser le déficit de légitimité du Qatar d’accueillir un Mondial de football pour lequel tant d’ouvriers auront été sacrifiés. La répression intérieure, même si elle ne s’opère pas à grande échelle, a frappé récemment dans des conditions particulièrement inacceptables un opposant pour l’unique motif d’être l’auteur de quelques rimes impertinentes. Le différentiel de politique étrangère – entre les élans libérateurs en Syrie et le silence assourdissant sur la révolte à Bahreïn – peut nourrir de légitimes motifs d’indignation.
Mais ce n’est certainement pas sur ce terrain et avec ces nobles motivations que se mobilisent aujourd’hui les plus bruyants des adversaires du Qatar et de sa chaîne de télévision. Sur ce registre, trois niveaux de critiques radicales se chevauchent et, en se conjuguant, dressent les contours d’un Qatar-bashing qu’il est important – et utile pour tous – d’identifier et de dénoncer.
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Suite de l'affaire de la Journaliste Khadija Benguena d'Al jazeera

Khadija BenguenaLa polémique autour des déclarations sulfureuses de Mezri Haddad tenues lors de l’émission “Ce soir ou jamais” du 5  février ne faiblit pas. Hier, l’ancien soutien de Ben Ali a posté cet élégant message sur sa page Facebook : “La racaille islamo-fasciste s’est mobilisée pour défendre l’icône de l’islamisme wahhabite, Khadija Benguenna. Sur sa page facebook, François Burgat, l’ami de Rached Ghannouchi, m’a stigmatisé hier en m’accusant d’être derrière la campagne anti-qatarienne. Je vais voir si cet imposteur mérité une réponse de ma part.” De son côté, la journaliste algérienne s’est fendue d’un communiqué de presse dont voici la teneur. Affaire à suivre…
Propos diffamatoires tenus lors de l’émission « Ce soir ou jamais »
L’émission « Ce soir ou jamais », diffusée en direct lundi 5 février dernier, a été le théâtre d’un débat riche et animé sous l’intitulé « Qatar : ami ou ennemi public numéro 1 »[1]. Les invités du plateau de F. Taddéi étaient Mezri Haddad, ancien ambassadeur de Tunisie à l’Unesco, Richard Labevière, essayiste, Valérie Debord, ancienne députée, Karim Sader, consultant et Nabil Ennasri, chercheur spécialisé sur le Qatar. Les participants ont débattu avec passion d’un sujet qui retient légitimement depuis de longs mois l’attention de l’opinion française. Cependant, la fin de l’émission a donné l’occasion à l’un des participants,  M. Haddad, de proférer à mon encontre des accusations d’une extrême gravité.
A partir de la 36e minute, M. Haddad s’est lancé dans une critique particulièrement radicale de “l’émirat bédouin” selon la terminologie qu’il a utilisée  et de sa chaîne de télévision Al-Jazira qui m’emploie. Je n’ai pas de commentaires à faire sur la substance des positionnements géopolitiques de l’ancien collaborateur du président Ben Ali, mais bien sur les accusations mensongères et donc tout à fait diffamatoires dont il a fait usage à mon encontre pour illustrer sa perception. Ses propos, tenus en direct au cours d’une émission de grande audience, apparaissent à moi-même comme à tous ceux qui me connaissent comme aussi dommageables qu’ils sont  infondés et donc  inacceptables.
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